À quelqu’un comme moi qui est toujours en train de dire des bêtises, qui serait prêt à tuer père et mère pour faire un bon mot qui se veut d’esprit et qui a toujours le sens de la répartie même pour les calembours les plus douteux, on peut demander si on peut être drôle sans le vouloir et sans le savoir.

J’ai envie de répondre oui et pour illustrer mon propos, je vais prendre trois ou quatre exemples pris au hasard de l’actualité de ces soixante dernières années. Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit « trois ou quatre exemples » alors que je sais pertinemment qu’il n’y en aura que trois. Parce que je me connais un peu comme si je m’étais fait et sur les doigts de toutes mes mains. Oui, parce que j’en ai plusieurs, déjà rien que ça, c’est assez incroyable, non ? Bref, si je prends, comme premier exemple, Abdelaziz Bouteflika, c’est quand même le seul chef d’état qui est capable de raconter des histoires à mourir de rire. La preuve ? Essayez seulement de lui demander, vous verrez s’il vous répond.

Le deuxième exemple, c’est mon chouchou du moment : Nicolas Dupont-Teigneux, non, pardon, Dupont-Gnangnan qui finit par me faire rire, ce qui est bien involontaire de sa part puisqu’en temps normal, il aurait tendance à m’énerver au plus haut point. Mais quand on l’entend sortir des bêtises plus grosses que lui, on ne peut pas faire autrement que s’interroger : il a dû virer de bord et quitter la politique sans qu’on s’en aperçoive et il s’est recyclé dans le only-one-man-show (spectacle de celui qui est vraiment seul) et il nous sort des vannes qui, si on n’y prête pas plus attention que ça, ne sont pas drôles mais après y avoir réfléchi a minima, oui, on peut s’esclaffer.

Le dernier exemple que j’ai envie de citer (parce qu’il m’en faut impérativement trois, sinon, je risque de faire un malaise, je vous jure que c’est vrai !...), j’ai pensé à Laeticia Hallyday parce que, tous comptes faits, elle est marrante, surtout quand elle ne réclame rien. Pas même des droits d’auteur. Mais on peut l’imaginer en Picsou à jupons qui courrait après des pièces, des lingots et autres objets de valeur. Vivre en dessous de ses moyens ? Vous n’y pensez pas. Elle-même vous le dirait aussitôt : « Devenir pauvre ? Brrrr, ça me fait froid dans le dos de mon défunt mari. J’en jaunis à l’idée. » Oui, c’est vrai, celle-là, elle est de moi, pas d’elle. Mais elle aurait pu la faire. Elle aurait dû, même.

Voilà. Je ne sais pas ce que vaut ma démonstration. Quand on a dormi trois heures en début de semaine qui est l’avant-dernière de ma carrière professionnelle, on a peut-être le droit de ne pas être très pointu dans l’humour. Moi aussi, j’ai le droit d’avoir mes petites faiblesses. Je le revendique.