Tout le monde le sait, tout le monde devrait le savoir, aujourd’hui, c’est le 8 mars, la journée international de la femme et ce, depuis des dizaines d’années, maintenant. Je me souviens de ma première fois, je venais d’arriver à Paris, quelques mois plus tôt et je me suis trouvé dans une manifestation, boulevard St Germain, une manifestation de femmes, avec beaucoup de slogans signés du M.L.F. Et, cette année-là, il était fortement question des Folles de Mai. Ça devait être le 8 mars 1980 ou 1981, peu importe car quoiqu’il en soit, j’ai eu envie de participer car je trouvais cette cause juste. Cette cause pour une reconnaissance totale de la femme. En France et partout ailleurs.

Sauf qu’on m’a peu aimablement prié de quitter le cortège, je n’avais pas ma place dedans en tant qu’homme, même jeune, même peu baraqué, même pas macho ni rien d’autre. Ça m’avait un peu stupéfait car je ne comprenais pas pourquoi on parlait d’égalité et de justice en créant l’inverse : une discrimination sexuée. Heureusement, depuis les choses ont changé, les féministes ont compris que tous les hommes n’étaient pas leurs ennemis et on peut aujourd’hui participer à leurs combats sans se sentir exclus ni sans se sentir de trop. Mais aujourd’hui, c’est dommage, je n’ai plus envie.

Je n’ai plus envie de manifester, pour le reste, j’ai encore plein d’envies. Et je n’ai plus envie de manifester boulevard St Germain avec des féministes intégristes. Pas plus qu’avec les agiles et jeunes et cas soc’ réunis que ce soit à Paris ou ailleurs. Bref. Une fois cette entrée en matière faite, je vais pouvoir entrer dans le vif de mon billet du jour : ce matin, au bureau, un fournisseur a envoyé un mail à tout son carnet d’adresses pour souhaiter une bonne fête à toutes les femmes en ce 8 mars. Et pourquoi ne pas leur offrir un aspirateur ou un lave-linge, pendant qu’on y est ? Je me suis permis de lui écrire qu’il n’avait rien compris car ce n’était pas la fête des femmes mais la journée de la femme.