Ce matin, ce fut comme une claque dans la figure, une claque bien sentie et pas seulement dans l’idée. Quand il m’a annoncé ce qu’il avait à me dire, j’avoue que je m’en suis douté avant même qu’il n’aille plus loin. Dès qu’il m’a dit : « Stéphane, j’ai quelque chose à vous dire et ça ne va pas vous faire plaisir… », j’ai su de quoi il était question. Effectivement, ça ne m’a pas fait plaisir et il avait l’air sincèrement désolé même si au fond de lui, c’est un mal pour un  bien. De toute façon, il faut savoir raison garder et être réalistes, nous avions un grand écart d’âge (il a 25 ou peut-être 26 ans, il est né en mars et moi, j’en ai 60…) et même si pour notre relation, a priori, ça ne compte pas…

En plus, nous avions pris l’habitude de nous voir pas forcément en cachette mais à chaque fois sans nos conjoints respectifs et même avec le patron, quand nous nous voyions tous les trois. J’aimais bien quand nous étions en trio mais j’aimais bien aussi quand nous n’étions que tous les deux même s’il m’a littéralement et physiquement épuisé à chaque fois. Ça fait un an que nous avons commencé de nous voir régulièrement et j’ai beau me dire qu’un an, ce n’est pas assez pour créer un manque, maintenant, puisque nous ne nous verrons plus, ça nous a permis de créer déjà comme une histoire. Nous avons partagé plein de choses. Il va me manquer, ça, c’est sûr et certain. Snif, snif, snif.

Mais non je ne pleure pas. Je renifle juste à cause du soleil. Non, je suis content pour lui. Il part avec sa copine et c’est mieux comme ça. Mais moi, de ne plus avoir de coach sportif à partir de jeudi (je viens de terminer ma dernière séance avec lui, ce matin), ça va me manquer car de tous ceux que j’ai connus, Jérémy, ça a été mon préféré. Comme un fils. Une relation de travail plein de respect mutuel. Bon, il s’installe à son compte et c’est génial pour lui. C’est nettement moins bien pour le patron et moi mais on s’en remettra. C’est comme pour une rupture amoureuse, je vais pleurer, un peu, beaucoup, je ne sais pas encore et je m’en relèverai. À mon âge, on relativise. Mais quand même…