Grâce à Dieu, j’ai pu traverses la manifestation routinière de ces derniers 15 samedis, en total contre sens, sans faire de dégâts. J’ai été surpris de la jeunesse de nombre de participants. Et de la vieillesse d’un autre nombre. Et des tambours. Du bruit. Du bruit. Du bruit. Et du RIC à tous les sauces.

Grâce à Dieu, je n’ai pas aperçu de casseurs réunis, probablement qu’ils n’étaient pas dans le cortège (interminable) que j’ai traversé un peu en long et surtout en large. Et je n’ai pas été si fier que ça. Courageux mais pas téméraire. Aucun doigt d’honneur de ma part. Aucune allusion à mon blog.

Grâce à Dieu, je suis rentré sain et sauf chez moi et là, je vais pouvoir profiter de ce début de week-end. Nous n’en sommes encore qu’à son début et ensuite, dès mardi matin, je vais entamer le compte à rebours final. Semaine moins 4. J moins 20. J’avoue avoir un peu de mal à y croire.

Grâce à Dieu, je me sens détendu malgré la pression de ces deux heures dix-huit, au cinéma, en ce début d’après-midi. Le dernier film de François Ozon m’a scotché à mon siège malgré la fatigue de ma semaine accumulée. Un film dur et pourtant, pas très nouveau, on a tous entendu parler de l’affaire.

Grâce à Dieu, j’ai passé deux heures dix-huit hors de ma vie quotidienne, en immersion dans la vie de ces victimes d’un prêtre pédophile (ou pédosexuel ?) « couvert » par monsieur Barbarin, celui qui se fait appeler Monseigneur. Il n’y a pas que l’armée qui est une grande muette. Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Grâce à Dieu, j’ai été bluffé par le jeu des acteurs, connus, très connus, mal connus ou méconnus. On dirait même qu’il s’agit d’un long documentaire tant ils sont tous criants de vérité. Et Balasko, Josiane Balasko, dans un rôle très en retenue, de vieille dame digne, mère d’une victime, waow, remarquable !

Grâce à Dieu, il y a des gens pour créer des œuvres salutaires, pour informer, pour dire, pour dénoncer et grâce à Dieu, il y a du public pour aller les voir. Il n’y a pas que des gens qui ne s’intéressent à rien. À rien d’autre qu’à leurs petites revendications corporatistes.

Grâce à Dieu, le soleil est de la partie même si j’aurais largement préféré qu’il fasse un temps pourri car il faut accepter des pluies torrentielles quand on insiste pour manifester. Et l’eau, même non bénite, juste tombée du ciel, elle pourrait peut-être laver le cerveau des casseurs réunis.

Grâce à Dieu, je pense que j’ai passé un bon samedi, malgré le fait d’avoir croisé la manifestation qui m’a mis mal à l’aise, malgré la claque que j’ai prise devant le film et malgré le fait que je pense que je vais m’écrouler si je vais seulement m’asseoir sur le canapé. Il n’y a pas de mal à se faire du bien.