La semaine dernière, j’ai appris que j’étais convoqué à la médecine du travail pour une visite médicale obligatoire. J’ai toujours détesté ça car comme je suis plutôt du genre prudent, je me fais suivre par un généraliste (j’en ai même deux, en vérité, pour pouvoir aller voir l’autre quand l’un n’est pas là), j’ai un gastroentérologue, j’ai un dentiste, j’ai un ophtalmologiste, j’ai un cardiologue (c’est un peu moins vrai car le mien est parti se faire voir ailleurs – loin des yeux, loin du cœur !) et j’ai un dermatologue et j’ai un masseur-kinésithérapeute ostéopathe à la demande. Bref, je pense que je suis plutôt quelqu’un de sérieux dans le domaine de la santé. Je fais des bilans tous les ans (sauf le toucher rectal, ça ne m’est arrivé qu’une fois, pour l’instant) et je me soigne aussi en parallèle avec des plantes, des huiles essentielles et tout ce qui n’est pas forcément reconnu par l’ordre des médecins.

Bref, aller consulter ces gens-là, pour le boulot, ça me gave car j’ai toujours fait pipi juste avant le rendez-vous pour ne pas avoir à faire là-bas, je n’ai pas envie. Ils ne me connaissent pas et bon, ça va quoi ! Je sais aussi que parfois, ça peut être utile : on peut trouver des pathologies sérieuses à des employés ou à des cadres qui ne le soupçonnaient même pas mais pas moi. Moi, l’an dernier, en avril, quand j’ai décidé de tout mettre en œuvre pour partir un peu plus tôt que prévu par rapport à ma retraite, j’aurais aimé alors être convoqué et je me serais plaint de ces horaires nocturnes, à mon âge. Et peut-être qu’on aurait pu me trouver une incapacité quelconque… Non, du coup. Et tant pis ou tant mieux, ça dépend de quel côté on se place pour voir la chose. Et comme la dernière fois que j’ai été convoqué, il y a deux ans, ils avaient annulé eux-mêmes le rendez-vous…

Là, je leur ai écrit un mail pour leur dire que d’abord, me convoquer à 16h15, en dehors de mes heures de boulot, à vingt minutes minimum pour y aller et plus d’une heure pour en revenir (heure de pointe oblige), c’était non. En plus, comme je quitte l’entreprise le 23 mars prochain, je leur ai demandé si c’était très judicieux (attention, je n’ai pas dit « intelligent ») de me convoquer à cinq semaines de mon départ « définitif » et là, on m’a conseillé de voir avec les ressources humaines car elles seules avaient le pouvoir d’annuler un rendez-vous, pas eux. Entre temps, le nécessaire a été fait et je suis exempté de cette visite très inopportune. Et cette fois, c’est tant mieux. Imaginez qu’on m’ait trouvé inapte à quitter mon emploi ? J’aurais dû rester encore ? Et combien de temps ? Apte pour quinze ans de plus ? Non, merci. Sans moi.