Hier, c’était le dernier jour du mois et aujourd’hui, c’est le premier jour du mois. On ne sait plus trop à quel saint se vouer si les choses changent tout le temps. Alors, si même les calendriers et les éphémérides s’y mettent, se mettent à faire n’importe quoi n’importe quand, moi, je ne donne pas cher de ceux qui ne sont pas bien organisés. Je ne vais donner aucun nom pour ne citer personne mais je pense aux gens agiles et jeunes ainsi qu’aux cas soc’ réunis. Tiens, c’est bien, ça, ça nous change. Ce qui est drôle car je viens justement de dire que si les choses changent tout le temps, personne ne va s’y retrouver. Néanmoins, je trouve que si j’avais le pouvoir de foutre le bordel dans le calendrier, ça serait bien car il n’y aurait pas de demain, samedi et on éviterait le pire, pour une fois.

Parce que, c’est vrai, on a beau dire, mais c’est usant. De savoir que dès le jeudi, dans la rue Cabirol, on nous informe que le stationnement y sera interdit samedi de 7h à dimanche matin, ça nous met déjà en condition pour affronter les violences qui vont arriver (le pire, c’est qu’on le sait et qu’on s’y attend – pffff, on n’a même plus d’effet de surprise !) et on s’en remet vraiment à partir du lundi, quand la vie normal reprend son cours du même acabit. C’est épuisant. Ça nous fait vieillir mal. Et ceux qui se plaignent qu’on ne les écoute pas font la même chose avec ceux qui ne sont même pas concernés par leurs problèmes voire par leurs revendications. Et c’est tant mieux que tout le monde ne pense pas pareil. Ne pense pas comme eux. Bref, on est le premier jour du mois et je ne suis même pas sûr d’être dans un bon état d’esprit.

Normalement, en début de mois, on devrait se sentir bien, justement, c’est toujours plus porteur de commencer quelque chose, surtout quand il y a un rapport au temps qui passe. Quand ça se termine, je trouve qu’il y a un côté un peu tristounet. Mais là, c’est la fin, bien appuyée, chaque semaine. Une espèce de fin, une spirale qui n’a rien d’apocalyptique mais qui s’en approche, parfois, de temps en temps. Alors bon, on aura beau me dire que je fais du mauvais esprit avec les gens agiles et jeunes et les cas soc’ réunis mais je me bats avec les mêmes armes qu’eux, ce n’est pas moi qui ai commencé. Je n’y suis pour rien, moi, mesdames et messieurs. Je me contente de subir tout en disant que je ne suis pas d’accord, à mon petit niveau et là, je pense qu’on est dans une drôle d’impasse. J’ai envie de hausser les épaules mais ça ne servira à rien.