Moi, à choisir, évidemment que je prends la Nomique. D’abord, parce que c’est l’anagramme de Monique et que Monique, c’est ma mère. Ensuite parce que Entérite, ce n’est l’anagramme de rien. Si, pardon, au temps pour moi, Entérite, c’est l’anagramme total de plein de mots : éternité (je m’en fous, même sur un plateau avec 1 million d’euros, je ne signerais pas pour y avoir droit) ; reinette (pomme reinette et pomme d’api, tapis, tapis rouge – j’ai largement passé l’âge) et reteinte (sachez que la couleur de mes cheveux blancs est totalement naturelle et que je ne comprends pas celles et ceux qui se teignent les cheveux !), donc ces anagrammes-là, on peut les oublier, nous sommes d’accord. Et nous n’allons donc bien retenir que Nomique, que je vais m’empresser de vous expliquer.

Nomique, ça signifie qu’on devrait prendre du plaisir, du gréco-romain « nome » prendre et « ique », plaisir. À ne pas confondre, donc, avec Monique, qui vient du romano-grec « mone » donner et « ique », plaisir. Les deux sont bien, remarquez… Bref, Nomique, moi, ça me va. Même si je n’ai pas choisi l’endroit mais à condition que ça soit dans le respect de mes papilles. Si c’est juste de l’art dans les assiettes, je laisse ça aux amateurs d’Instagram qui ne peuvent s’empêcher de photographier ce qu’on leur sert même s’il ne s’agit que d’un steak-frites mais « tu as vu comme c’est beau, il y a un morceau de persil avec les échalotes ! Attends, je vais faire une photo et le poster sur Instagram pour faire plaisir à tous ceux qui me suivent. Qui m’aime me suive ? Non, même pas. Faut pas pousser non plus, hein ?

Hier matin, certains de mes collègues avaient choisi Entérite et à cause de ça, nous nous sommes retrouvés à 3 pour faire la matinée au lieu de 6 et le pire, c’est qu’il n’y avait même pas d’acheteur ni de vendeur. On a fait comme on a pu. Les autres, ils sont tombés au champ d’honneur de leurs toilettes avec la… Avec la… Qui va à la chiasse peut perdre sa place, si vous voyez ce que je veux dire. Moi, la gastro, l’entérite, j’ai décidé qu’elle ne passerait pas par moi. Je ne veux pas de sa compagnie. Si elle s’approche trop près, je lui dirai : « Tu fais chier ! » et elle me répondra : « Je suis justement là pour ça ! » et je croiserai les doigts pour lui montrer que je conjure le sort et je me retournerai en haussant les épaules. Et en lui tirant la langue par derrière, si je puis dire. Et je reprendrai ma vie normale. Enfin, j’espère.