Hier, j’ai entendu dire que c’était la journée la plus déprimante de l’année. En effet, c’était la journée mondiale de la déprime et je me suis demandé pourquoi. Non pas pourquoi le 21 janvier en soi mais pourquoi choisir une journée mondiale de la déprime alors qu’on est en plein dedans depuis deux mois. Et moi, au lieu d’appeler hier « blue Monday » (lundi bleu) comme l’ont fait les anglais qui, finalement, ont un certain sens de l’esthétisme, j’aurais dit qu’on était dans les « black and yellow months » (les mois jaunes et noirs – en français, j’ai trouvé ça plus adéquat de mettre jaune en premier alors qu’en anglais, non) tout en espérant qu’on ne sera pas dans les « black and yellow years » (années jaunes et noires) sinon, ça sera pire que la déprime, on court vers un suicide collectif.

Moi, j’ai trouvé qu’aujourd’hui, pour ce que j’ai pu en voir pour l’instant, à midi vingt, est pire qu’hier en termes de non joie de vivre. Je suis parti travailler alors qu’il faisait évidemment nuit mais surtout, il faisait froid. Il a plu une grande partie de la matinée et pas du crachin, non, tant qu’à faire, des trombes d’eau, des pluies comme diluviennes… Si encore ça avait été des billets de cinquante, la crise sociale aurait trouvé moyen de s’arrêter mais même pas. Et sous ces abats d’eau, il a continué de faire froid. Pour couronner le tout, il n’y avait plus de pain au levain à la boulangerie quand j’y suis passé vers 11h30. Peut-être n’y en a-t-il pas eu du tout, aujourd’hui. Et un jour sans pain au levain, c’est long comme un jour sans pain même s’il n’est pas au levain, c’est dire. Alors, vous comprenez…

J’ai oublié de dire que je n’étais pas spécialement inspiré pour écrire, ce midi. Je n’ai pas envie de rigoler et je n’ai pas envie de ressasser toujours les mêmes choses. Moi, ça me lasse. La routine m’ennuie. Je ne suis pas comme les gilets jaunes et casseurs réunis, dire et faire toujours la même chose me rend neurasthénique et m’abat un peu. Heureusement, une bonne nouvelle, dans tout ce marasme : un soutien de moins pour eux, les G.J. et C. réunis : le comte de Paris est mort. Non pas que sa disparition me crève le cœur, non, ça ne me touche pas vraiment mais le fait de savoir qu’il soutenait qui vous savez, je me dis qu’un de moins, c’est toujours ça de pris pour aller de l’avant. Je vais faire un petit bâton sur le mur. Quand j’en aurai cinq, je les raierai en diagonale. Le comte est bon.