Ce matin, alors que le jour est en train de se lever, un peu feignant (normal, vu le temps qu’il fait) pour se sortir de son lit, je suis en train de me dire qu’il ne me reste plus que 8 semaines avant de quitter mon boulot. Cette semaine de congés, que j’ai posée pour raccourcir mon « préavis » sera plus que bienvenue car ça me semble de plus en plus long, cette dernière ligne droite. Comme interminable. Un des paradoxes du temps qui passe. Quand on se sent bien, il passe trop vite et quand on est à la peine, il s’éternise comme s’il voulait jouer avec nos nerfs. Sournoisement. Implacablement. Quoiqu’il en soit, plus que 8 semaines. Je devrais pouvoir tenir.

Je n’ai toujours pas de nouvelles pour la personne qui va me remplacer. Mon patron aimerait que ça soit une femme d’au moins quarante ans mais pas trop vieille non plus (le syndrome Yann Moix ? Non, juste pour pérenniser le poste) et les seuls CV féminins qu’il a en sa possession viennent de trop jeunes femmes dont une bombasse et là, il n’a pas envie de voir tous les mecs de l’entreprise tout le temps fourrés avec elle. Sexisme quand tu nous tiens, hein ?! Parce que la question ne se poserait pas avec un mec canon. Bon, en même temps, pour l’instant, il n’y a qu’une fille au bureau, alors… Mais il y a des mecs qui pourraient être sensibles à ses charmes, j’en connais au moins deux…

Bref, il me reste 8 semaines. Je ne sais pas si on va me croire mais il me tarde d’arriver à cette échéance même si quelque chose me fait un peu peur pour l’après. Pas forcément l’après immédiat, non celui qui va arriver dans les deux ou trois mois qui vont suivre. Ce moment où je vais me dire que je suis passé de l’autre côté et où je risque de penser que je ne servirai plus à rien. Et qu’on ne vienne pas tenter de m’assurer que ça n’est rien et que ça va bien se passer, je sais que ça va me poser des problèmes. Il faudra que j’en passe par là, quoiqu’il arrive. Puisque je le sais, je ne serai pas pris au dépourvu mais il n’empêche que… vivement dans huit semaines mais pas trop vite quand même, hein ?