« Tout le pouvoir aux ronds-points » ai-je pu lire, ce matin, en promenant les chiens avec le patron, sur un mur près du Fort du Hâ et du palais de justice, à Bordeaux. Le centre-ville est envahi de graffiti de cette sorte, certains, très abscons, d’autres plutôt cons et quelques rares, carrément des appels à la violence, aux incendies et autres actes plus que répréhensibles. Ça me fait tout bizarre de voir cette forme d’expression s’imposer partout avec ces sous-entendus agressifs et ça démontre aussi qu’on ne pourra pas discuter avec tous ceux qui viennent casser et qui aiment le jaune. On ne peut pas dialoguer avec des êtres aussi obtus. On est vraiment dans une impasse.

Le mobilier urbain, surtout celui du tram en a pris un sacré coup. Rien n’est respecté. Des feux de n’importe quoi ont été allumés sur les voies, on a quand même de la chance que ces dernières n’aient pas été rendus impraticables, sinon, les usagers auraient dû se passer de ce transport en commun. Un kiosque à journaux a été totalement saccagé. Un kiosque à journaux ! Un symbole de liberté, a priori, puisque la presse est censée être libre, chez nous. D’autres vitrines en ont pris un sacré coup dans l’aile. On s’en remettra, peut-être, peut-être pas mais certaines cicatrices commencent à se voir, elles ne partiront probablement pas. C’est trop tard, maintenant.

« La planète brûle, à quand la mairie ? », un autre exemple de ce que j’aurais préféré ne pas lire, dans la rue. Maintenant, à la limite, je me dis que pourquoi ne pas les prendre aux mots, tous ceux qui expriment leurs revendications de cette façon ? Oui, mettons le feu à la mairie de Bordeaux et voyons si ça arrange le quotidien de ceux qui se plaignent tous les samedis. Et donnons tout le pouvoir aux ronds-points, ça nous fera une belle jambe car ce qui va arriver, ça n’est pas compliqué à deviner : on va tourner en rond, ni plus, ni moins. En tout cas, s’il y a une chose que je peux admettre, c’est leur courage : s’exprimer à visage camouflé, ça montre qui on peut être.