Bonjour, Gilles et John, pouvez-vous nous dire si vous avez reçu la lettre d’Emmanuel Macron ? Et surtout, si vous l’avez lue et si vous allez répondre aux questions qu’il pose ?

Oui, on l’a reçue mais on ne l’a pas lue, ça ne nous intéresse pas et on ne répondra pas aux questions car les questions, elles sont orientées et les réponses, on les connaît déjà. Nous, ce qu’on veut, c’est plus de démocratie.

Mais dites-moi, Gille et John, c’est quand même une démarche on-ne-peut-plus démocratique, cette lettre et ce grand débat qui va durer jusqu’au 15 mars, non ?

Non, c’est surtout « on-ne-peut-plus » que « démocratique », avec lui. Nous, ce qu’on veut, c’est plus de démocratie. On veut donner notre avis sur tout. On veut être consultés, on veut pouvoir dire oui ou non et donner nos idées.

Mais c’est exactement ce qu’on vous propose, donner votre avis et donner vos idées. Et même de dire ou non. Excusez-moi, mais je ne vois pas très bien de quelle démocratie vous voulez parler, alors ?

De quelle démocratie ? La nôtre, évidemment. Pas la sienne. On veut que ça soit nos idées et nos volontés qui soient prises en compte. Uniquement les nôtres. Ça, c’est démocratique vu que ça vient de nous, vu que ça vient du peuple !

Oui mais là, ce que vous nous proposez, c’est de nous imposer vos idées et vos points de vue, ce n’est plus vraiment démocratique.

On s’en fout, maintenant, la démocratie, on la veut, on va la prendre et on ne la lâchera plus. Il n’y a pas de raison, c’est à nous de décider maintenant, les autres, on s’en fout !

Quels autres ?

Les autres qui ne sont pas gilets jaunes et casseurs réunis. Les 65 700 000 autres qui ne viennent jamais manifester avec nous, on a décidé qu’ils étaient minoritaires, à partir de maintenant. C’est comme ça et pas autrement.

Mais c’est comme une dictature, ce que vous dites, non, Gilles et John ?

Ah ne nous insultez pas, hein ? Sinon, vous allez prendre notre poing dans les « i » et plus vite que la mesure car elle est pleine, la mesure, maintenant. Allez, circulez, les gens qui posent des questions, maintenant, c’est interdit dans notre démocratie.

Merci beaucoup, Gilles et John pour avoir répondu à mes questions interdites. Au plaisir de ne plus jamais vous revoir.