Bien sûr que je suis capable d’être dans une totale objectivité et là, en étant pleinement conscient de ça, je vais me faire l’avocat du Diable car je ne comprends pas que les autres ne comprennent pas. En réalité, je pense qu’ils ne veulent pas comprendre, ce qui serait presque pire que s’ils ne pouvaient simplement pas comprendre. Même si je pense qu’il doit y avoir des deux.

« Les français ont oublié le sens de l’effort » : je ne vois pas en quoi cette phrase crée une nouvelle, une énième polémique, que ce soit chez les journaleux ou dans l’opinion publique, que l’on ferait finalement mieux de moins solliciter, ça nous éviterait d’entendre autant de conneries. Français, ce n’est pas un gros mot, ni oublier, ni effort, ni sens. À moins que ça ne soit « les, ont, le et de ? »

Et si on reprend ces phrases un peu choc que tout le monde lui reproche, « gaulois réfractaires au changement», là encore, je ne vois pas ce qu’il y a d’insultant à se faire qualifier de gaulois, nous en sommes issus ni à réfractaires puisque c’est vrai qu’il est quasiment impossible de réformer le pays qui préfère sans doute l’inertie, l’immobilisme et le surplace, c’est tellement plus confortable.

« On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les gens sont quand même pauvres », là encore, ce n’est qu’un constat, pas un jugement. Il y a effectivement beaucoup de systèmes d’aides sociales et les gens ne s’en sortent pas, malgré tout. Peut-être qu’il faut y réfléchir pour trouver comment s’en sortir mais ce n’est pas désobligeant vis-à-vis de ceux dont il est question, là.

« La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler », encore une fois, je ne vois pas où le bât blesse puisque de toute évidence, pour acheter quelque chose, il faut de l’argent et pour avoir de l’argent, à moins de naître avec une cuiller en or dans la bouche, il faut en gagner et pour ça, il faut travailler, à quelques exceptions près. C’est donc encore un mauvais procès qu’on lui a fait.

Maintenant, d’autres phrases sont plus insultantes, en toute objectivité, puisque j’avais promis de rester dans cette limite. Parler de « ces femmes salariées de Gad, pour beaucoup illettrées », à condition que ce soit tout ou partie vrai, là, ça peut réellement blesser et c’est une énorme maladresse dont tout le monde se serait passé. Maintenant, elle est faite, il faut faire avec.

Je me demande donc juste si le niveau de grossièreté de certains mots a changé. Avant, les mots effort et travail représentaient des valeurs nobles, aujourd’hui, ils sont considérés comme des mots injurieux. On leur préfère « va te faire enculer », « pars avec ta vieille momie » et autres insultes qu’on n’aurait jamais pu imaginer contre un Président de la République. Je m’interroge, c’est tout.