Sommes-nous le dernier jour de pseudo calme avant une nouvelle tempête, celle de demain, samedi ? Hélas, je crains que la réponse ne soit oui et il ne faut pas croire que parce que les gilets jaunes et casseurs réunis vont se déplacer à Bourges, parce que ça serait le centre de la France (mouais, ce ne serait pas plutôt parce que c’est la ville des bourgeois, comme son nom l’indique ?) qu’on va être tranquilles, peinards, chez nous, ne serait-ce qu’à Bordeaux, tiens, pour ne prendre que la ville qui a le triste record du plus grand nombre de manifestants en France depuis deux ou trois semaines. Un record d’autant plus triste qu’on s’en serait largement passé. Un record qui fait dire des choses aussi bêtes que c’était bien mieux avant. Avant le 17 novembre. Avant la mère Mouraud.

On est fatigués, je suis fatigué de savoir que ça va recommencer, encore et encore. Je suis fatigué de cette ambiance morose et de ces jours de violence prévus à l’avance, prémédités. Et je suis fatigué de cette bêtise crasse. Je rêve de jours meilleurs mais y en aura-t-il seulement d’autres, des jours meilleurs ? Des lendemains qui chantent ? Je suis littéralement obsédé par ces prévisions de manifestations à répétition et ce qui ressemble à une nouvelle façon de vivre : dans la haine la plus primaire et la plus absolue. Je ne suis pas blanc-blanc, je le reconnais, de mon côté, vu que je n’ai eu de cesse de critiquer ce mouvement des gilets jaunes avant qu’ils ne s’associent aux casseurs mais moi, la seule violence que je fais sortir de moi, c’est celle des mots et je n’ai aucune influence, alors…

Ça, je le sais, qu’ils n’ont rien à craindre de moi, tous ces imbéciles patentés. Mais que voulez-vous, ça me fait du bien d’en parler. C’est un peu comme si je faisais un exorcisme et, pardon pour cette comparaison à venir qui pourrait être prise comme malheureuse, c’est aussi une façon de dire que je ne suis pas d’accord comme lors des attentats terroristes de ces dernières années. Oui, je fais un parallèle pour l’ambiance sinistre et l’abattement que ça engendre. Sauf que, sauf que peut-être, après chaque attentat islamiste, la France s’est réunie, le peuple s’est serré les coudes et il y a un cette fierté nationale qui semble avoir déserté tout le monde. Alors, vous comprenez bien que ces perspectives pas roses, devant nous, ça n’incite pas à la rigolade. Ni à la gaudriole. J’aurais préféré, pourtant.