Hier matin, quand j’ai quitté mon boulot, vers 7h52 (à peu près), il faisait encore plutôt nuit et le temps de rentrer chez moi, un peu plus de dix minutes de voiture quand ça roule parfaitement bien comme ce fut le cas, justement, hier, à peine ai-je posé mes affaires dans le séjour, où je n’avais pas encore allumé la lumière que j’ai aperçu une espèce de lueur pâle, une lumière hivernale, grisâtre mais tirant sur le blanc, sur la terrasse et je me suis demandé si nous n’avions pas laissé la lumière, dehors. Mais non, le jour était en train de se lever, en s’étirant un peu mollement et, j’en suis sûr, en bâillant. J’espère au moins qu’il aura mis sa main devant sa bouche car sinon, ça ne serait vraiment pas poli et ce n’est pas parce que tout le monde fait ce qu’il veut qu’on peut tout se permettre.

Et là, je suis allé faire couler le café. Ainsi, le président, qui dormait encore (du sommeil des justes ou juste d’un bon sommeil ?) allait avoir le café chaud dès qu’il se lèverait et je pense que c’est plutôt accueillant, ça. J’étais content d’en avoir terminé avec ces deux semaines interminables, ces nuits qui n’en finissaient plus, cette haute saison qui, au bout du compte, n’aura malgré tout pas été exceptionnelle. Et j’étais assez content de me dire que c’était mon dernier Noël dans cette boîte et que l’année prochaine, ça sera sans moi. Et les années suivantes également. Et pendant que le café coulait, je me disais que ça serait agréable de prendre une tartine d’aube pour la tremper dans mon bol. Une tartine de jour naissant. Pas tout à fait croustillant mais très frais quand même.

Dehors, ça se blanchissait de plus en plus comme si on avait voulu dissimuler toute la noirceur de cette nuit juste disparue, partie pour on ne sait trop où, dans des contrées lointaines, probablement. Il faisait 1 degré annoncé mais en ressenti, c’était en négatif. J’étais bien au chaud. J’aime particulièrement voir le jour se lever, que ce soit en hiver ou en été, c’est un spectacle toujours différent, renouvelé tout en étant toujours un peu la même chose. Un moment où je suis toujours un peu seul au monde, ce dernier m’appartenant. Libre de tant de contraintes. Et c’est même certainement le moment de la journée que je préfère, le matin tôt, dont j’apprécie beaucoup les crépuscules. En résumé, oui, on peut dire que je suis matutinal. Parce que je le vaux bien.