Surtout, ne vous inquiétez pas, Stéphane, pas  de stress, ça va bien se passer. D’abord, commencez par respirer lentement et fermez les yeux. Faites comme si nous étions en séance d’hypnose et nous allons travailler sur ce qu’on pourrait être votre phobie de Noël. Oui, je sais, vous appelez ça votre haine de Noël ou Noël avec un grand « haine » mais nous allons passer un peu de temps ensemble et vous verrez, ça va changer votre vie. Surtout, et j’en suis absolument presque certain, au fond de vous, vous n’y croyez pas vous-même à ce rejet de Noël. C’est un peu comme une posture.

Vous aurez beau me dire que vous y croyez dur comme fer, je ne peux pas imaginer que ce soit vrai. Personne n’aime pas Noël. Et vous ne pouvez pas être le seul sur cette terre à refuser cette fête qui est synonyme de partage et de joie. De partajoie, si vous voulez bien accepter ce néologisme. Non ? Vous préférez passer votre réveillon tout seul ? Ça, c’est parce que vous vous couchez tôt mais quand vous aurez arrêté de travailler, vous retrouverez un rythme normal et vous pourrez de nouveau imaginer tenir éveillé jusqu’à l’heure de la messe de minuit qui a souvent lieu à 21h, oui, c’est vrai.

Vous avez été traumatisé un soir de Noël alors que vous étiez en train de déballer votre énième cadeau dont la moitié ne vous plaisait pas ? Traumatisé est un mot un peu fort, non ? Dites-moi ce qui s’est passé et je vous dirai si ça mérite de s’appeler un traumatisme. Vous avez déballé un cadre avec un chat violet dessiné sur un fond rose et quelques autres touches de couleurs qui n’allaient pas très bien ensemble ? Ah oui, je comprends pourquoi ça ne vous a pas plu. Mais de là à parler de trauma, il y a un pas que même un cul-de-jatte n’aimerait pas franchir, s’il le pouvait.

 Et vous avez crié « quelle horreur » en pensant que c’était que c’était un présent offert par votre belle-sœur de l’époque, absente ce soir-là et non, la personne qui vous l’avait destiné était présente et vous vous êtes senti mal à l’aise quand elle vous a demandé si ça ne vous plaisait vraiment pas du tout ? Et là, vous avez fait une pirouette pour vous en sortir et depuis, vous vous êtes déchiré le muscle du plaisir d’offrir et de la joie de recevoir pour les fêtes de Noël ? Je comprends, je comprends. Nous allons donc travailler sur ce point précis, fermez bien les yeux et laissez-vous aller.

Dites-vous bien que nombreux sont ceux qui ne peuvent même pas fêter Noël car ils sont seuls ou parce qu’ils n’en ont pas les moyens et je ne parle pas que des gilets jaunes, non, aussi et surtout de ceux qu’on ne voit plus ou qu’on n’entend plus. Ne me dites pas que vous aimeriez être à leur place ? Non, vous préférez simplement qu’on vous foute la paix avec Noël. Oui, mais comment peut-on faire pour que vous puissiez retrouver une certaine sérénité à l’approche des fêtes ? Ne pas vous en parler à longueur de temps ? Comment je vais pour vous aider à vous soigner, à vous sortir de ce mal-être, moi, alors ?