Je crois que le mieux, ce serait que je reste tranquillement chez moi, cet après-midi. Que je tente de profiter de ce début de week-end. De profiter de ce samedi un peu gris, pas mal pluvieux et probablement très perturbé en ville comme en cent (!) Alors, si c’est pour me confronter à l’une des deux ou aux deux manifestations prévues aujourd’hui au centre-ville, autant rester chez moi, près de la cheminée que je n’ai pas en me faisant servir un vin chaud que je n’aime pas spécialement, ou alors, aux sports d’hiver, à la rigueur, là où je ne vais plus depuis des années et des années. Et des années. Il y a un moment, où on ne compte plus, ça ne sert plus à rien, sauf pour les fétichistes.

Et bien sûr, qui dit manifestation (ou manifestations), dit problèmes de tram car ils sont bien obligés de s’arrêter pour ne pas écrabouiller tous ces pauvres gens déjà écrasés par les impôts, les taxes, les pénalités, les ponctions salariales et les crédits revolving pour ne citer que ceux qui me viennent tout de suite en tête. Oui, donc, tous ces pauvres gens obligés de porter un gilet jaune pour être sûr que le tram ne leur passera pas dessus, ce qui aurait été le pompon, il faut bien le reconnaître. Mais qu’ils se rassurent, pas besoin de gilet jaune, comme à cause d’eux, les trams ne rouleront pas tant qu’ils seront en bande, ils ne risquent rien. Et là, je m’abstiens de tout commentaire désobligeamment méchant.

Et pour couronner le tout, comme dit fréquemment Elizabeth II d’Angleterre, il pleut. Oh, ce ne sont pas des déluges mais des pluies intermittentes et suffisamment fortes pour être embêtantes. Et quand elles ne sont pas soutenues, c’est une espèce de crachin que je trouve très désagréable. Tout ça cumulé, je me dis que le mieux, c’est de rester chez moi. Tout en ravalant, non pas ma façade mais mon amertume devant un tel désastre ambiant. Oh que je n’aime pas ça, tout ce qui se passe en ce moment. Alors, le mieux, dont le bien est peut-être l’ennemi, c’est que je revienne à mes premières capacités : faire l’autruche. On va dire que je ne suis au courant de rien. On va dire que je suis zen. On va dire que je suis un jardin japonais. Et que tout va bien, peut-être, quelque part.