Ça va, tu n’es pas trop gêné, toi, Chouchou. On ne peut pas dire que je te sollicite beaucoup, depuis quelques temps. Mais que fais-tu donc de tes journées ? Je me le demande. Tu n’es pas obligé de me répondre mais quand même, j’aimerais bien savoir.

C’est vrai, ça, moi, je pensais que tu allais m’aider pour plein de choses et je me rends compte que tu n’es pas là. Par exemple, quand le réveil sonne, à 2h50… Oui, je sais ce n’est pas un réveil mais mon ancien téléphone qui fait une jolie musique toute douce pour ne pas m’agresser quand je suis en plein sommeil. Et quand je ne dors pas, bon, bref, quoi, tu m’as compris, hein ?

Après, je me suis dit aussi que tu pourrais y aller à ma place pour faire les un peu plus de 4 mois qui me restent au boulot. Si ça se trouve, personne n’y verrait que du feu… Non, tout le monde n’y verrait que du feu… Mince, dans quel sens ça marche, cette formule-là, déjà ? Tu vois, quand je te dis que je suis fatigué, ce n’est pas une blague. Je pense que tu m’avais compris, non ?

Tu n’aimerais pas faire préavis ? Ça ferait peut-être plaisir à mes collègues que tu sois avec eux à ma place. Un petit coup de jeune, ça leur ferait plaisir, qui sait. Non, tu crois qu’ils préfèrent que ça soit moi ? Si tu le dis. Et alors, pourquoi tu ne t’occupes pas de l’intendance à la maison, pour me laisser un peu plus de temps de repos ? Tu n’oses pas le faire tout seul ? C’est dommage.

Oui. C’est dommage. Car j’aurais aimé que tu prennes des initiatives. J’aurais aimé être un peu comme un pacha pour ces derniers mois de boulot. Avoir des moments où je me vautre dans le rien. Histoire de me préparer. De me détendre les omoplates et la nuque. D’ailleurs, à ce sujet, tu pourrais venir me masser, pas comme une brute, hein, ça, ça pourrait me faire du bien tout de suite.

Et puis, le week-end, je ne sais pas moi, tu pourrais t’occuper de la lessive. Et aussi, tiens, tu pourrais aller au cinéma à ma place. Comme il n’y a aucun film qui me tente absolument depuis quinze jours, tu aurais pu y aller pour moi comme ça, je ne me dirais pas : « Fais un effort, vas-y quand même. Oui mais bof, je n’en ai pas très envie, à vrai dire. » Je sais, il faudrait que je me secoue un peu.

Le problème, je me connais, si je me secoue, je vais le faire trop fort et je ne sais pas ce qui va tomber. On ne sait jamais. C’est juste que je ne suis pas motivé. Pour rien, en ce moment. Écoute, tu sais quoi ? On en reparle, d’accord ?