Caresser les membres de son lectorat. Cela peut-il être une action douteuse d’un point de vue de la morale ? Ça dépend, ai-je moi-même envie de répondre. Ça dépend de quoi ? Demandé-je aussitôt. Ça dépend si ça dépasse ou si ça ne dépasse pas.

En tout cas, ce matin, au travail, alors que j’étais concentré comme jamais (sauf peut-être quand j’ai travaillé chez Nestlé, je ne sais plus trop quand, exactement. Il faut dire que ça remonte à si loin mais revenons à nos moutons de Panurge), un de mes collègues préférés est venu de me voir et de fil en aiguille, il m’a demandé si mon blog était public ou... Je me suis dit qu’il avait dû sous-entendre public ou privé. À moins qu’il n’ait voulu savoir s’il était public où ? Mais public où, ça ne veut rien dire, à vrai dire (!)

Alors, je lui ai répondu que tout le monde pouvait le lire mais pas tout le monde en même temps car sinon, ça se bouscule au portillon et je n’aime pas trop les mouvements de foule, sauf, éventuellement, dans les partouzes sinon, j’en ai plutôt peur, des mouvements de foule, pas des partouzes. Bien que… Ça me rappelle quand je travaillais chez Nestlé, c’était il y a si longtemps. D’ailleurs, n’était-ce pas avec mes collègues de l’époque que nous avions partouzé ? Je ne saurai dire avec précision. J’ai oublié leurs noms et leurs visages.  

Et mon collègue, j’ai cru déceler en lui une pointe d’envie (il vaut mieux faire envie que pitié) et je lui ai demandé s’il voulait l’adresse du blog en précisant bien que ça ne l’engageait en rien et qu’il n’était pas mon obligé mais au fond de moi, ça m’a fait plaisir même si j’ai eu un peu peur. C’est vrai, ça, j’ai toujours une crainte quand il s’agit de mélanger la vie personnelle à la vie professionnelle. Mais bon, je suis un grand garçon (en âge, pas en taille) et je sais faire la part des choses. Du moins, c’est ce que je pense, c’est ce que je crois.

Alors, nouveau lecteur dont je ne dirai pas le nom pour respecter ton intimité, nouvel animal lecteur, je te le demande en cent comme en mille : est-ce que tu feras partie de celles et ceux qu’il me faudra caresser dans le sens du poil ou… Et non pas, dans le sens du poil où car là, ça ne veut rien dire du tout. C’est ça la force des accents, graves ou aigus, c’est qu’il change le sens de ce qu’on veut dire ou de ce qu’on pense. Tu n’es pas obligé de répondre, nouvel éventuel lecteur. Peut-être même que tu ne seras même pas venu.

Ce n’est pas grave. Ta demande, polie, de ce matin, c’était comme un cadeau. Ce n’est pas la valeur marchande du cadeau qui compte, mais l’intention de le faire. Et je te remercie de cette délicate attention : celle que tu as eue de me demander si tu pouvais accéder à mon univers personnel. Surtout que tu y as pensé cette nuit alors que pour une fois, tu ne travaillais pas en nocturne. Et de savoir qu’on pense à moi quand on est encore au lit, quelque part, ça flatte mon égo. Et quand on me connaît, on sait que j’ai le tout à l’égo.

Mon cher A., sache que si ça n’avait été toi, je n’aurais peut-être pas dit oui car moi, contrairement à ce que je peux laisser croire, je ne suis pas un garçon facile. Du moins, pas avec n’importe qui. Mais sache aussi que j’aime caresser mon lectorat.