J’ai bien entendu ou je me suis fait un film ? Tu m’as bien proposé de coucher avec moi ? « Tiens, pour une fois que nous sommes seuls, que nous pouvions parler sans qu’on nous entende, je voudrais te demander quelque chose. Avant que tu partes, dans quelques mois, j’aimerais bien qu’on couche ensemble », oui, c’est bien ce que je viens de te dire.

Ah ! Ciel ! Mais tu me fais des avances ! Ah mais tu sais que tu me la coupes ? Attention, c’est juste une image, j’espère que tu ne prends pas tout ce que je te dis au premier degré. Mais tu te rends compte de ce que tu viens de me proposer ? Bon, sans avoir eu le temps d’y réfléchir posément, sur le principe, je crois que je ne suis pas fondamentalement contre mais il faut voir.

Pourquoi il faut voir ? Mais parce que, Darling, moi, j’ai des principes dont un, fondamental, qui est que je ne couche jamais dans le cadre de mon travail. Ça ne m’est jamais arrivé et ça n’arrivera jamais. Mais debout ou accroupi, oui, pourquoi pas. Là, j’ai déjà connu ça. Tu vois ce que je veux dire, je ne vais pas tout te raconter en détails, quand même, hein ?

Tiens, Aïssa qui revient du congélateur ! Ça va, Aïssa ? Oui, nous sommes en train de papoter. Ça ne nous arrive pas souvent. « Je viens juste de dire à Stéphane que ça serait bien, avant qu’il parte, qu’on couche ensemble, lui et moi. » Ah mais vous faites ce que vous voulez. Si j’ai bien compris, Tu veux t’offrir en cadeau de départ ? « Pourquoi pas, s’il est d’accord ! »  

Ce n’est pas bête. Tu ferais ça gratuitement ? « Oui, bien sûr ! » C’est une bonne idée. Ça nous coûterait moins cher que si on faisait une quête pour un cadeau. Oui, surtout que moi, les cadeaux trop classiques, je ne suis pas très preneur. Pas d’attaché-case, pas de valise, pas de choses comme ça. Et pas de casquette avec « retraité heureux » écrit dessus, s’il vous plaît.

Je vous rappelle que je ne serai pas en retraite tout de suite, d’abord inemployé. Mais bon, au lieu de dire des bêtises, moi, j’ai encore un peu de travail à faire. Vous deux, vous avez terminé le vôtre mais moi, j’ai encore un peu de boulot. On n’est pas là pour rigoler, je ne suis pas là pour rigoler, vous le savez. Oui mais bon, on peut discuter un peu, quand même, non ?

Bien sûr qu’on peut discuter surtout que j’aime bien être en charmante compagnie mais il faut que je reste concentré sur ce que je fais quand même. Bon, de toute façon, moi, je vais y aller. Salut Aïssa !  « Salut Aïssa ! » Voilà, nous sommes de nouveau tous les deux. « Oui, rien que tous les deux. » Oui. « Bon, alors, c’est d’accord, on couche ensemble avant ton départ ? »