Il est 10h26. Mon entretien avec la dame des ressources humaines est terminé. Nous avons signé les documents de la convention de rupture conventionnelle qui me concernent, plusieurs fois car, ne l’oublions pas, nous sommes en France, le pays des Droits de l’Homme et de la Simplification. D.H.S., quoi, pour faire effectivement plus simple, comme indiqué dans la phrase précédente.

Signer ces documents en écrivant « lu et approuvé par consentement libre et éclairé » met l’entreprise à l’abri de toute réclamation de part, après le 31 mars. Et inversement, ça me protège de tout recul ou tentative de revirement de situation de la part de mon patron, de mon nouveau patron. De mon cher et vénéré nouveau patron. De mon super nouveau patron. Lèche-cul, tiens !

Il était 10h26 quand j’ai commencé d’écrire le premier paragraphe et le début du deuxième. Maintenant, il est 15h14. Entre temps, il ne s’est pas passé grand-chose d’extraordinaire. Nous avons tenté de faire un point sur la disparition de 5 bandes de saumon fumé à la ficelle (oui, les saumons fumés se déplacent en bandes, eux aussi) entre hier 5h et midi. Environ 10kg de disparus.

Peut-être pas pour tout le monde. On suppose que c’est un vol en interne (employés) ou en externe (chauffeurs-livreurs de chez les transporteurs qui ont réussi à venir jusque chez nous, un peu à n’importe quel moment, une fois les barrages des gilets jaunes franchis. Mais on ne saura certainement jamais le fin mot de l’histoire et on peut donc considérer que c’est une perte sèche.

Je suis également rentré chez moi, par consentement tout aussi libre et éclairé et nous avons déjeuné avec le président avant que je ne file rapidement que le kiné pour une séance d’ostéopathie douce et biodynamique. Parce que ce que je mettais sur le dos de mes cervicales arthrosées, en réalité, c’est de la tension dans les trapèzes, ce qui me provoque des maux de tête par derrière.

Et après un passage rapide chez le patron pour lui faire un courrier et caresser les deux chiens (tout en me faisant lécher les mains), me voici donc de retour chez moi, avec une envie quasi irrépressible d’aller me coucher, d’aller m’allonger mais il y a la femme de ménage qui est là jusque vers 16h. Encore plus de trente minutes où je ne peux pas faire ce que je veux, d’une façon libre et éclairée.

Tant pis, j’ai pris l’option finale de terminer ce billet. Et d’attendre. De prendre mon mal en patience. De me faire une raison. De me dire qu’après la pluie, le beau temps. Que je suis un grand garçon, qu’il faut que j’apprenne à ne pas tout vouloir tout de suite. D’accord, Stéphane ? Oui, Stéphane. C’est bien, je vois que tu fais des progrès. Tu es capable d’être de plus en plus libre et éclairé.