Mais ils étaient où, pas là, ils étaient où, pas là, les gilets jaunes, quand j’ai quitté mon travail, ce matin, à 5h31 (environ) ? Hein, ils étaient où ? Pas là. Bande de feignasses, tiens !

Je suis content car j’ai réussi à aller travailler et à en revenir sans être bloqué par ces frustrés des gilets jaunes. Bon d’accord, je ne voulais pas prendre un jour de congé à cause d’eux (ou alors, je leur aurais facturé ? Non, je pense qu’ils n’auraient pas accepté) mais, et je peux le dire maintenant que je suis chez moi, tranquille, j’ai quand même eu peur d’être coincé dans ma voiture sans pouvoir traverser la Garonne. Ou alors, à la nage ? Non, à moins de 6h de la nuit, en novembre, non merci, très peu pour moi. Même après 6h du matin, d’ailleurs.

J’ai eu peur, oui. J’ai eu le cul serré en partant du travail car je me suis imaginé là, seul travailleur, en pleine nuit, face à tous ces feignants qui se prennent pour des justiciers sociaux. Tous ces gens qui confondent pouvoir d’achat et vouloir d’achat. Tous ces gens qui n’ont jamais entendu les appels contre le diesel trop polluant et qui soudain, se réveillent d’une léthargie étrange en s’écriant : le gasoil est trop cher, trop c’est trop, c’est la goutte qui fait déborder le vase et tutti conneries. La goutte qui fait déborder le vase, imbéciles, vous n’aviez qu’à la secouer avant. Comme quand on fait pipi, pour nous, les mecs, les hommes, les vrais de vrai.

Ah ça oui, ils m’énervent, tous ces gens. Elles m’énervent toutes ces pleureuses qui s’imaginent pouvoir créer un mouvement politique à partir d’un néant sidéral. Et qui se prennent pour des révolutionnaires parce qu’ils ont une connexion Internet. Ces contre-productifs. Ces anti-progrès. Ces figés qui ne veulent aucun changement même si on leur explique par A plus B qu’on va droit dans le mur sur plein de sujets. Qu’ils aillent sur Mars pour se faire voir. Et qu’ils nous foutent la paix, ces empêcheurs de tourner en rond dans certains ronds-points. Sauf pour moi, ce petit matin.

Vous savez quoi, mesdames et messieurs fétichistes de ces immondes gilets jaune cocu, vous savez quoi, ce n’est pas un doigt d’honneur que je vous fais, ni un bras mais une jambe d’honneur.