C’est avec une certaine émotion que je me suis laissé aller à regarder la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, celle de 14-18, sur France 2, tout à l’heure. Parce que c’est bien de ne pas oublier. Parce que les jeunes générations n’ont plus de lien avec ce drame. Et bientôt, dans quelques vingt ou trente ans, ça risque d’être la même chose, pour celle de 39-45.

J’ai aimé la sobriété de la mise en scène, les choix musicaux : le violoncelle sur du Bach, ce qui m’a rappelé Rostropovitch, en 1989, lors de la chute du mur de Berlin et le superbe Boléro de Ravel. Un Léro de Ravel qui n’a jamais été aussi bo, à mon goût, interprété par toute une jeunesse de musiciens qui se sont levé pour le final, tout comme les officiels dans la tribune du même nom.

J’ai aimé l’espèce de chorégraphie des jeunes invités pour l’occasion, autour de la tombe du Soldat Inconnu et les extraits de lettres très émouvantes qu’ils ont lus, dans plusieurs langues. Et j’ai été impressionné par la présence de quelques 70 chefs d’états, un peu comme pour le 11 janvier 2015, lors de la manifestation géante à Paris. Moi, je n’y peux rien, tout ça, ça me bouleverse.

J’ai malheureusement moins entendu les cloches qui ont dû sonner 11 minutes, à Bordeaux, elles aussi car j’étais encore en voiture, je revenais de la promenade des chiens avec le patron et j’ai entendu celle de la radio, sur Europe 1 mais pas celles autour de moi. C’est dommage. Et je me dis qu’on aurait pu tous porter un bleuet à notre boutonnière, en pins ou en broche… Symboliquement…

Après, moi, j’ai déjeuné chez moi. Je ne faisais pas partie des 130 invités de l’Élysée. C’est dommage car une question m’a taraudé l’esprit pendant tout mon repas : comment cela se passe-t-il quand il y a autant de grands de ce monde en même temps dans le palais présidentiel ? Quand ils sont arrivés, presque tous en même temps, ça a dû être la course pour aller faire pipi.

Bien sûr qu’il doit y avoir des toilettes séparées pour les hommes et les femmes comme dans tout lieu public qui se respecte mais y a-t-il des urinoirs dans celles réservées aux messieurs : présidents, rois, princes et consorts ? Et si oui, existe-t-il un chef du protocole pour les urinoirs ?  Poutine aurait-il le droit de faire pipi à côté de Trump ? Miction possible ou miction impossible ?

Voilà, après le recueillement et le kiki serré, c’est ce genre de question que je me suis posée. Et à laquelle je n’ai pas encore trouvé la réponse. Alors, si parmi ma poignée de lecteurs et trices, il y a quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui aurait déjà été invité ou qui travaille à l’Élysée, merci de me faire savoir comment ça se passe pour le pipi des grands hommes.