Il y a comme une éclaircie, aujourd’hui. Ce qu’on pourrait appeler une embellie. Je parle de ce qui se passe dans le ciel et dans ma tête. Pas de ce qui se passe dans le pays car là, on ne peut pas dire qu’il fasse beau, bien au contraire. Et c’est plutôt heureux que cette migraine dont j’ai tu le nom, pendant deux jours, pour ne pas lui faire cet honneur de la citer (je peux le faire, aujourd’hui puisqu’il semble qu’elle soit allée se faire mettre ailleurs), c’est plutôt heureux, donc, que cette migraine soit venue polluer mon espace vital et ma bulle personnelle et privée car sinon, je crois que je me serais emporté contre tout ce marasme annoncé. Contre toute cette bêtise environnante et néanmoins crasse. Contre ce mauvais esprit systématique.

Est-il trop tard pour bien faire ? Que nenni ! Que nenni ! Cette crise m’a peut-être mis à plat mais elle ne m’a pas abattu complètement. J’ai encore de la ressource, de la réserve et de la bile à secréter. Quand j’entends ce que j’entends, quand je lis ce que je lis et quand je vois ce que je vois, dans les médias, je vais de stupéfaction en stupéfaction comme Tarzan de liane en liane dans la forêt vierge. Vierge de tout recul voire de tout esprit de réflexion ? Je le crains et ça me fait peur. La faute à qui ? Aux journalistes, d’abord. En effet, a-t-on besoin de faire parler des gens devant des micros pour dire des conneries ? « J’ai voté Macron pour ne pas faire passer Le Pen mais je le regrette car ce n’était pas mon choix. Désormais, je ne voterai plus car je ne crois plus en la démocratie. »

Grave erreur de la part de ceux qui ont choisi de faire témoigner ce monsieur. Faute civique de faire passer un tel message à une heure de grande écoute. Déjà que l’abstention par fainéantise gagne de plus en plus de terrain, au lieu de démobiliser encore plus les électeurs, on ferait mieux de faire passer des messages inverses pour inciter les gens à user et à abuser de leur droit de vote. Imaginez un peu ceux qui n’ont pas ce pouvoir-là dans les pays totalitaires.

Et cette femme qui a fait une vidéo virale, vue des millions de fois, dans laquelle elle interpelle (limite vulgairement) le président de la République pour lui dire que « ras-le-bol, y en a marre et qu’est-ce que vous faites de l’argent de nos impôts à part acheter de la vaisselle pour l’Élysée et une piscine pour le Fort de Brégançon ? » Relayer cette vidéo dans les médias, c’est lui donner du crédit et aggraver son côté viral. On s’en passerait. Les gens qui ne réfléchissent pas n’avaient pas besoin de ça pour s’engouffrer dans la brèche et maintenant, le ver est dans le fruit. Parce que l’essence a déjà atteint des niveaux de prix supérieurs ou égaux à ceux d’aujourd’hui. Alors, cet argument de dire qu’il faut bloquer le pays contre ces dernières augmentations, foutaises !

Non, je crois que malheureusement, ce n’est plus possible pour quelque président que ce soit (et son gouvernement) de diriger le pays car systématiquement, tout ce qu’il dit et fait sera critiqué. Sans réel argumentaire contradictoire. Juste pour le plaisir de contester. Il y a des problèmes bien plus graves que les quelques centimes d’augmentation du prix du diesel : comme la survie de notre planète à court terme, par exemple. Et moi, je ne mettrai pas de gilet jaune en évidence dans ma voiture car je ne veux pas en faire partie, de ces pisse-froids. Et ça serait bien aussi que ceux qui aiment s’exhiber en tant que frondeurs d’opérette ne stationnent pas sur les passages piétons, ça ne les dédouane pas de respecter les codes de la route et de bonne conduite.