Hier, j’ai terminé mon billet sur une sombre histoire d’envie d’un sandwich au pâté. Parce que ce n’est pas du tout mon genre de me faire un sandwich au pâté. Et même plus globalement, je ne suis pas très pâté. Je suis parfois dans le pâté mais ce n’est pas un aliment ou un plat vers lequel je vais naturellement. Non pas que je n’aime pas ça, le pâté, il y en a même de très bons, je le sais et je sais les apprécier mais je n’en mange vraiment pas souvent et surtout, ça ne me vient jamais de me dire : oh putain, j’ai vachement envie de pâté, là ! Non, je crois que c’était pour faire diversion que j’ai dit ça, hier. Juste histoire de dire que j’avais envie de parler d’autre chose.

Chouchou l’a bien compris car il ne m’a pas préparé de sandwich au pâté comme j’ai fait semblant de lui demander, il s’est contenté de hausser les épaules (ce que je trouve limite désobligeant) de l’air entendu de celui à qui on ne la refait pas. D’ailleurs, Chouchou, on le voit bien qu’il est jeune, il percute tout de suite. Moi, de plus en plus souvent, même si je continue d’être réactif, il peut m’arriver de devoir prendre trois secondes de réflexion. Lui, non. Et lui, à l’inverse de moi, il ne dit jamais non à du pâté. C’est peut-être pour ça qu’il n’en restait pas, hier, si ça se trouve, pour une fois, s’il y en avait, il a dû tout le manger. Comme ça. Parfois même en passant simplement à côté.

En plus, vous imaginez bien que si je me décidais à me mettre au pâté, déjà qu’avec l’âge, j’ai tendance à ne pas perdre ce que je prends (malgré les séances de gym avec le coach) mais si je me mettais aux terrines, je ne vous dis pas, je devrais immédiatement prévoir de racheter plein de pantalons parce que j’aurais très vite pris une ou deux tailles. Et je n’en ai pas envie non plus. Je préfère garder l’illusion que j’ai encore la silhouette de quand j’avais trente ans. Même si j’en ai presque le double. Le double d’âge, pas de poids. Je n’ai pas parlé de gras double. Juste de pâté. Et là, j’ai envie de quelque chose. Chouchou, il reste du chocolat ? Ah ben non, je n’aime pas ça. Pas du tout.