Aujourd’hui, jour du Saigneur (j’ai fait exprès de mettre un A au lieu d’un E), j’ai décidé de faire amende honorable. Je vais être dans la repentance. Et dans le tout amour. C’est normal, c’est comme pour les hommes et les femmes à l’Assemblée Nationale, au gouvernement et dans les entreprises, il faut la parité. Hier, j’ai tiré sur tout ce qui bougeait en moi et donc, aujourd’hui, je vais faire acte de contrition et aimer tout le monde. Oui, j’ai bien écrit « tout le monde ». Quels que soient celles et ceux qui représentent tout le monde.

Je vais commencer par dire que le Père Noël, c’est bien jusqu’à ce qu’on apprenne qu’il n’existe pas. Après, c’est… Après, c’est… Après, c’est autre chose. Ça nous étonne d’en voir autant ou ça nous amuse, parfois. Et on se dit que les gamins ont bien de la chance d’y croire car ça ne dure qu’un temps, comme celui du muguet. Et je parle bien des fleurs, pas cette espèce de mycose contagieuse (ou pas) parce que là, c’est nettement moins glamour. Et j’ai dit qu’aujourd’hui, je serai tout amour et peut-être même glamour. C’est ma pénitence.

Ensuite, je vais dire que Laeticia, elle porte quand même bien le noir. Le deuil lui va plutôt bien. Je ne l’ai jamais trouvée aussi belle et aussi riche que depuis que son « allumez le feu » de mari est parti voir ailleurs si ce n’était pas mieux qu’ici-bas. Et je suis sincère quand je dis ça, ce matin, alors que le jour ne s’est même pas encore levé. Mais je ne le traiterai pas de feignasse pour autant. C’est juste moi qui suis fautif en m’étant levé à une heure indue. Mais ce n’est pas la faute de l’heure non plus, si elle est indue. Aujourd’hui, je pardonne à tout le monde.

Et je trouve que Mélenchon est quand même un mec vachement sympa. Et non, je pense qu’il ne donne pas dans la démesure. Ce sont les medias et nous qui ne savent pas prendre la démesure de son énorme talent et là, oui, je suis d’accord, la taille, ça compte. Et un talent bien monté, c’est quand même mieux qu’un petit talent. Alors, Jean-Luc, oui, je suis fier de vous et je suis fier d’appartenir à un pays démocratique où toutes les sensibilités politiques peuvent s’exprimer avec retenue, tact et délicatesse. Moi, je dis bravo.

Je me demande si je ne vais pas écrire de nouveau au chancelier de l’Archevêché de Poitiers pour lui dire que j’ai dû être possédé par un démon, à mon corps défendant et que ma demande d’apostasie était une erreur monumentale, indigne de mon âme et témoin du fait que je suis certainement la brebis la plus égarée du monde. Et je suis prêt à me refaire baptiser, confirmer, communier, absoudre, extrême-onctionner et tout ce qui est possible de se faire faire par des curés, abbés, officiants… Prenez, ceci est mon corps, il est à vous.

Enfin, je pense que je devrai pardonner à tous ceux que j’ai offensés. Leur pardonner d’avoir été ma cible. Et à ceux que j’ai pu choquer comme Jonathann, Nordahl et quelques autres. Je n’ai jamais voulu dire du mal du Père Noël, je le jure sur ce que j’ai de plus sacré : ma foi de mécréant. J’ai juste voulu faire un peu d’humour, bien malvenu. Ça ne me fera pas aimer Noël pour autant mais je peux faire un effort. Je ne peux ne pas aimer sans le dire. Ce n’est pas parce que je n’aime pas ça que je doive en dégoûter les autres. Et mon avis importe si peu…

Saigneur, toi par qui le couteau remue dans la plaie pour extirper mes pêchés de mon cœur qui t’appartient, je viens, en esprit et en toute conscience te demander pardon car je reconnais que j’ai fauté en actes et en paroles, j’ai transgressé tes lois et en particulier cette de l’amour, celle du tout amour. Je t’en conjure, Saigneur, aie pitié de moi comme moi, je suis capable d’avoir pitié de ceux dont j’ai pu me moquer. Et je promets de ne plus recommencer. Eh, Chouchou, il ne resterait pas un peu de pâté, par hasard ? Je me ferais bien un sandwich au pâté, moi…