Je suis désolé, je saoule un peu tout le monde avec cette histoire de rupture conventionnelle à presque 59 ans. Il faut dire que c’est quand même quelque chose d’important dans une vie. Quitter un emploi pour se retrouver au chômage, dans un premier temps, du moins, à mon âge, c’est un peu n’importe quoi mais c’est mon corps qui a tout fait pour que je prenne cette décision. La bonne décision ? C’est un certain avenir qui le dira, pour l’instant, c’est prématuré de vouloir répondre à cette question. Nous sommes le 31 octobre 2018. Pendant que certains ne pensent qu’à la soirée d’Halloween qui se prépare, moi, je ne pense qu’à ma libération professionnelle très proche. Chacun ses obsessions. Et chacun ses plaisirs. Chacun chez soi et les moutons de Panurge seront bien gardés.

Pour couronner le tout, il pleut et il fait froid en même temps. Ça ne donne pas très envie de sortir de chez soi. Si j’avais déjà arrêté de travailler, c’est peut-être ce que j’aurais fait. Rester chez moi un jour comme aujourd’hui. Rester bien au chaud avec une tenue même peu présentable, comme si personne n’allait venir me voir non plus. Un peu en vrac. Mais non, je ne suis pas comme ça. Si je n’avais pas travaillé, aujourd’hui, je me serais quand même levé de bonne heure parce que je suis ainsi fait que je n’aime pas traîner au lit le matin. Je serais sorti pour acheter ne serait-ce que du pain (eh bien oui, comme je n’aurais pas anticipé d’en acheter hier et aussi parce que je préfère manger du pain quotidien – même si je suis sorti du giron de l’Église Catholique, ça y est, c’est officiel !)

En tout cas, c’est mon dernier 31 octobre de mec avec un CDI, quoiqu’il arrive. Et demain, j’irai travailler pour mon dernier 1er novembre. Ça, j’en suis sûr. Et il ne me reste plus que cinq mois à vivre de façon nocturne pour aller bosser chez mon patron. À vivre contre ma nature. Dans cinq mois et un jour, je pourrai faire la première grasse matinée d’une longue série à venir. Je pourrai me lever à 6h sans vergogne et sans me sentir coupable de me laisser aller. Donc, je pourrais presque conclure ce billet avec cette notion qu’aujourd’hui, c’est ma dernière. Je ne ferai plus jamais de 31 octobre là où je travaille encore actuellement. Peut-être même que je ne travaillerai plus jamais un 31 octobre. Ça me procurerait presque comme un vertige avant de me faire plaisir. Putain ! Encore pile cinq mois !