Il ne faut pas croire que je ne vis que dans la contrainte et dans la discipline. Bien sûr que j’aime me lever tôt (contrairement aux chiens qui n’aiment pas trop le véto…) Oui, j’aime me lever de bonne heure tout comme j’aime me coucher de bonne heure, sauf exceptions (des sorties au spectacle, un dîner ici ou chez des amis…) parce que c’est mon rythme naturel. Je suis né aux alentours de sept heures, un matin de fin 1959, je m’en souviens très bien, d’autres avaient encore envie de dormir mais moi, j’avais déjà envie de sortir et de mordre dans la vie à pleines dents que je n’avais pas encore. Et je suis sûr que le premier soir, je me suis endormi comme un bébé. Je crois bien, d’ailleurs, que j’ai conservé cette habitude que je trouve bonne pour ma santé. Ou alors, il faut qu’on vienne me prouver le contraire. Un volontaire ?

Il n’y a pas de petit plaisir. Chaque petit plaisir est un grand plaisir. Plus grand que celui ou ceux d’hier et moins grand que celui ou ceux de demain. Demain ? J’ai mon entretien pour officialiser la procédure de rupture conventionnelle là où je travaille. Où est le plaisir, dans tout ça ? Il sera peut-être là après, à la fin de la réunion. Ou pas. Je verrai en temps utile. Peut-être que ça sera bien. Peut-être pas. Aujourd’hui ? Contre toute attente, vu mon emploi du temps compliqué ce matin, je pense que je vais annuler ma présence (non-indispensable) au cours de gym avec Jérémy. Pour une fois, le patron ira tout seul. Ça ne lui est encore jamais arrivé car moi, je n’ai encore jamais manqué une séance. Et là, de ne pas y aller, tout à l’heure, à 10h, ça me procure un certain plaisir. Mais un plaisir un peu coupable, je dois l’admettre.

Pourquoi coupable ? Parce que prendre du plaisir, quelque part, ça me culpabilise un peu. Y avais-je vraiment droit ? Non, je plaisante. Un peu coupable car la raison voudrait que j’aille quand même à ce cours qui est censé me faire du bien. Théorie ! La théorie du complot ! Sur le moment, ça ne me fait jamais du bien. Ce ne sont que des souffrances musculaires et des ahanements et des attentes interminables de fin de séries avant des pauses de récupération. Bon, d’accord, j’exagère un peu mais tant pis, ce matin, je vais déclarer forfait. Je ne participerai pas à cette séance programmée. Je n’aurai aucune chance de gagner une médaille quelle qu’elle soit. Mais après déjeuner, quand ils partiront tous pour la visite de Bordeaux avec le président, là, oui, je pense que je vais m’octroyer un petit plaisir. Parce qu’il n’y a pas de mal non plus à se faire du bien.