Comment ça, je ne respecte vraiment rien ? Parce que tu t’es encore moqué d’un opéra. Je me suis moqué d’un opéra, moi ? Oui, de la Périchole, hier. La péricolière ? Tu vois, tu recommences.

Non, je ne me moque jamais d’un opéra, quel qu’il soit, même et surtout s’il est bouffe. Si je ris, pendant la représentation, c’est que le jeu des interprètes (dans les récitatifs ou dans le chant) est drôle ou alors, parce que la mise en scène prête à rire. Parce que c’est fait exprès. Comme hier. Il y avait des trouvailles géniales. C’était un spectacle haut en 4 couleurs : noir, rouge, blanc et or. Avec des marionnettes, de la musique pétillante, des paillettes, pas des portes qui claquent mais presque, quelques belles voix, etc… Et moi, quand c’est Offenbach, je n’y peux rien, j’adhère. J’aime bien Bach mais je préfère Offenbach en tant que spectateur dans une salle.

Conduisez-le, bons courtisans et que cet exemple serve,  dans le cachot qu'on réserve aux maris « ré », aux maris « cal », aux maris « ci », aux maris « trants », aux maris récalcitrants…

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Oui, je l’ai même faite en anglais dans le texte, celle-ci, à l’entracte, hier : I like listening Bach but I like listening more often Bach. Et j’ai fait mon petit succès. Le patron a failli s’étouffer de rire car il ne s’y attendait vraiment pas du tout. Et pourtant, pourtant, il me connaît, maintenant, il sait de quoi je peux être capable quand je prends mon air un peu malin sans pouvoir cacher que je suis en train de préparer une vanne. En tout cas, il y avait du beau monde, dans la salle, outre le patron et moi. Il y avait Isabelle Juppé et son maire de mari. Son mari maire. Et non pas son intéri-maire. Et pendant le premier acte, il a beaucoup plu dehors, paraît-il.

En avant vite, vite ma mule va grand train, sur cet air-là, petite, on doit faire du chemin, hop là, hop là, hop là, hop là, hop la la, sur cet air-là petite, tu ferais trop de chemin, hop là, hop là, hop la la..

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Petite initiation à l’opéra-bouffe qui n’a rien à voir avec des amuse-gueules car là, c’est l’apéro-bouffe. La Périchole, c’est l’histoire d’amour entre elle (la Périchole) et Piquillo. En gros, pour les plus jeunes, ce serait un peu comme Kimberley et Jason qui s’aiment mais qui n’ont pas un rond. Et un producteur télé tombe amoureux de Kimberley qui va le suivre et lui, il va les faire se marier sans savoir qu’ils sont amants. Un peu tiré par les cheveux mais bon, ce n’est pas le sujet qui compte, c’est l’ensemble : tout ce qui touche l’oreille, l’œil et le cœur. Et pour en terminer avec l’apéro-bouffe, ce n’est pas la Périchole mais la Péricube. 

Ah! Quel diner je viens de faire! Et quel vin extraordinaire! J'en ai tant mangé... mais tant et tant, que je crois bien que maintenant : je suis grise, un peu grise, mais chut ! Faut pas qu’on le dise, chut, faut pas, faut pas…

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