Je sais que l’automne, le début de l’automne, c’est pile poil en ce moment mais compte tenu du niveau global d’ensoleillement, on pourrait encore se croire en été. Sauf que, sauf que, il y a des endroits où ça ressemble à l’automne malgré tout. Juste certains endroits. Pas partout. J’en veux pour preuve l’angle gauche de la terrasse, quand on regarde depuis la porte-fenêtre du séjour, là où il y a le plus d’ombre quelle que soit la saison, eh bien là, depuis quelques jours, depuis mon retour de Biscarrosse, c’est flagrant, c’est très automnal. Et je ne peux pas m’y installer avec un transat car il y fait moins chaud qu’ailleurs. Bon, en même temps, je n’ai pas la place d’y mettre un fauteuil car ça jouxte le bac des herbes aromatiques et si je dors à côté d’elles, après, au réveil, je suis shooté.

Ça sent aussi l’automne le matin, quand je me lève avant tout le monde, soleil compris. Il faut encore nuit mais surtout, il fait très frais. Parfois froid, même. Et là, ce sont des aubes automnales, des crépuscules de presque fin septembre. Les chrysanthèmes sont vigoureux, pas encore fleuris et je suppose que les bulbes de tulipes se préparent à hiberner tranquillement en attendant des jours meilleurs, des jours qui rallongent au lieu de raccourcir et des lendemains qui chantent. La nature, du moins, une partie de la nature va se mettre en RTT pour plusieurs mois. Et là, même pour déjeuner dehors, ça devient de plus en plus frisquet vu que le soleil est plus bas qu’en été. Même le parasol commence à se désespérer car il sait qu’il ne va désormais plus beaucoup servir jusqu’au prochain printemps, au moins.

Quand nous prenons un repas dehors, maintenant, il nous faut nous couvrir mais nous en profitons tant que c’est encore supportable. Car après, nous serons obligés d’attendre que passent l’automne intégriste et le rude hiver avant de pouvoir y revenir. Ce sont donc mes dernières siestes dehors. Chaque chose devant se terminer un jour, je me fais une raison. Une raison à cet automne naissant. Ça ne me traumatise pas car je m’adapte très facilement à chaque changement de saison. Je suis né à environ dix jours de l’hiver et ça ne me pose pas de problèmes, ces jours courts et ces réclusions pendant quelques mois. Ça sent juste l’automne, à certains endroits, chez moi et autour de chez moi. Une odeur particulière. Les choses seraient presque à ralentir et bientôt, les feuilles mortes se ramasseront à la pelle.