Depuis le début de la semaine, j’ai vu ou vécu des choses étranges mais pas forcément pénétrantes pour autant, et heureusement car je ne suis pas un garçon facile, ai-je besoin seulement de le préciser ?

Ça a commencé lundi matin, en repartant de chez les parents. Déjà, je me suis tapé les bouchons à la Crèche, entre chez eux et l’autoroute. À 9h10, un lundi matin de septembre ! A-t-on idée d’être sur la route à cette heure-là, un lundi matin ? Comme si les gens avaient besoin de prendre leur voiture pour aller travailler un lundi matin ! Moi, je ne bosse jamais le lundi. Et en plus, je suis toujours en vacances, cette semaine. Enfin bon, j’ai mis presque dix minutes de plus qu’en temps normal. Et dix minutes de plus, quand on est en vacances, ce n’est pas rien.

Ensuite, arrivé à l’entrée de la dite autoroute, j’étais juste derrière une semi-remorque et quand elle est partie, je me suis approché, avec ma voiture, pour prendre mon ticket d’entrée et là, rien ne venait. Alors, j’ai appuyé sur le bouton rouge et là, une dame m’a dit « allo ! » « J’ai dit « allo ? » moi aussi mais avec un point d’interrogation, pas avec un point d’exclamation. Elle m’a ensuite demandé ce qu’elle pouvait faire pour moi, je lui ai dit qu’aucun ticket ne sortait. « Regardez en haut ! » Et là, j’ai découvert qu’il y avait aussi des distributeurs de tickets pour les grands camions, à près de deux mètres du sol.

Il y en avait un qui m’attendait et je l’ai pris, après être sorti, un peu difficilement (pour ouvrir ma portière) de mon auto. Mais la barrière ne s’ouvrait toujours pas. Alors, je l’ai dit à la dame, qui était toujours au bout du bouton rouge et elle m’a dit «  regardez à votre niveau, maintenant ! » Comment savait-elle que je n’étais pas si grand que ça ? Enfin bon, peu importe, à vrai dire, j’ai pris le deuxième ticket, celui de mon niveau et là, la barrière s’est ouverte et j’ai pu partir. Mais en roulant, je me suis dit que j’étais un peu étourdi car j’avais mélangé les deux tickets.

Comment allais-je faire pour payer à Bordeaux ? Si celui du haut correspond à un grand camion, est-ce qu’on n’allait pas me demander de payer le prix d’un grand camion alors que je n’ai qu’un véhicule de tourisme ? Eh bien non, je n’allais pas me laisser faire. Si ça arrivait, je bloquerais ma respiration et la circulation jusqu’à ce qu’on ne me fasse payer que le (presque) juste prix des choses, les autoroutes sont déjà assez chères comme ça.

Eh bien non, figurez-vous que la machine ne m’a demandé que le prix habituel quand je passe là, donc, soit elle est intelligente et a compris que je n’étais pas un routier dans un gros camion avec un marcel et de la sueur sous les bras ou alors, elle a vu à qui elle avait à faire. Et c’est tant mieux car je n’ose vous faire imaginer comment ça se passe quand le petit Stéphane se met en colère. Pourquoi je dis le « petit » Stéphane, d’ailleurs, moi ? Qui m’a dit que j’étais petit ?

Non mais sans blague, on ne me la refait pas à moi. Il ne faut pas croire que parce que je suis encore quelques jours en vacances que je ne suis pas aux aguets. Je suis toujours affûté comme une paire de ciseaux à bois. Et la caravane peut toujours passer…