Revenir de vacances, comme dit Mymy, c’est dur, surtout les dix premiers mois. Sauf que moi, avec un peu de chance, ce seront mes dernières vacances d’été. Non pas que je sois en phase terminale d’une longue et triste maladie, ni même d’une courte et rigolote maladie mais parce que si tout va bien, d’ici fin décembre, voire fin mars, je pourrais peut-être partir de là où je travaille. Partir loin, sans me retourner. Très loin. Et tous ceux qui y resteront me regretteront. Ça vaut bien ça. Sinon, ce n’était pas la peine. Non, non.

Mais je ne resterai pas inactif pour autant. Je vais devenir chauffeur et escort boy pour ma maman, quand elle aura des compétitions de natation, j’irai la chercher, avec ou sans papa, ça dépendra de lui mais je pense que ça sera avec, et je mettrai une casquette pour conduire et je prendrai mes repas avec eux, à l’hôtel et comme ça, elle pourra rester championne. En revanche, j’ai décliné l’offre de saisonnier pour ramasser les noisettes, chez eux. C’est vraiment trop saisonnier. On a beau en récupérer des kilos et des kilos, ça ne dure que quelques semaines.

J’ai des idées pour du bénévolat, aussi. J’en parlerai en temps utile. Ou en temps voulu. Ça dépendra de mes humeurs. Et j’ai aussi le patron qui veut que je travaille vraiment pour lui : papiers, affaires, promenade des chiens… Mais est-ce que j’aurai assez pour vivre avec tout ça ? Peut-être pas mais je ne m’en fais pas, je ne suis pas feignant, je trouverai bien des petits boulots pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Je viens de répondre à une annonce pour devenir assistant coupeur de tête. C’est pile poil dans mes cordes, ça, employé de bourreau.