Il faut savoir se retirer. Toujours. Il faut sentir quand c’est le moment. Celui après lequel, ce sera le moment de trop. Se retirer à temps. Ça demande une certaine finesse d’esprit et d’analyse de la situation. Se retirer. Un peu comme ce moyen de contraception qui était en pratique au moment où j’ai été conçu. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit même s’il y a une forte présomption que ça se soit quand même passé comme ça. Je ne peux pas trop en parler car même si j’y étais, j’étais dans un état qui ne pouvait pas comprendre ce qui se passait, mais bon, je dis ça, je ne dis rien.

Puisque vous insistez, il me semble bien que si j’existe, c’est que je viens d’un coïtus mal interrompusse. Parce que je n’étais pas franchement désiré. Ce qui est certainement une bonne explication pour cette sensation que j’ai souvent eue, que je peux encore avoir à l’occasion : avoir l’impression de ne pas être à ma place. Mais on ne va pas faire mon analyse ici, ça prendrait trop de temps et ça serait un peu compliqué. Ça pourrait s’envisager en tête-à-tête avec un thérapeute mais pas en public. Si peu nombreux soit-il. Bref, je suis né par erreur plus que par hasard. Quand on n’est pas prévu, hein ?

Ça ne m’a pas traumatisé non plus. Enfin, pas outre mesure, je crois. Non, je suis plutôt bien dans mes baskets même quand je ne fais pas de sport, c’est-à-dire (assez) souvent mais j’en ai tiré une leçon qui est : il y a toujours un moment où il faut se retirer. Savoir partir. Et là, pour cette première partie de mes vacances d’été 2018, je pense qu’il était temps que nous partions de Biscarrosse pour revenir à Bordeaux. Parce que demain, ce sera un autre moment de partir : raccompagner les parents, chez eux, à Saint-Maixent.