Il y a pile une semaine, déjà, j’étais au boulot et j’attendais. J’attendais que mes deux collègues en charge de ça viennent m’aider pour résoudre les écarts de stocks de la nuit qui venait de passer. Et je passais mon temps à attendre car ils ont naturellement donné la priorité aux clients qui appelaient. Et moi, pendant un peu plus de deux heures, je n’ai rien eu d’autre à faire qu’attendre. Non pas que ça me fasse plaisir, de rester ainsi, sans rien faire ou presque mais bon…

Non, dans ces cas-là, je ne reste jamais à rien faire. Je ne joue pas sur mon téléphone non plus. Mais il m’arrive d’écrire. Soit du courrier personnel. Soit des billets pour le blog. Ça dépend. Si c’est un jour où tout le monde est nerveux, j’évite car je sais que je vais être tout le temps dérangé et si c’est un jour calme, je me lance. Comme jeudi dernier. J’ai écrit plusieurs textes pour les publier ici par avance car je n’ai pas emporté mon ordinateur à Biscarrosse. Vacances, j’oublie tout.

C’était long d’attendre comme ça. Comme si j’étais payé à attendre. Bonjour, je cherche un emploi pour attendre, auriez-vous un poste pour moi et à quel prix ? On peut vous proposer d’attendre pour 16.85 euros de l’heure, si ça vous intéresse, vous pouvez commencer tout de suite. Waow, c’est plutôt bien payé pour ne faire qu’attendre. Oui mais ne vous fiez pas aux apparences, mieux vaut être payé pour travailler que pour attendre, nerveusement, c’est dur, vous verrez.

Je verrai pourquoi ? Parce que vous me prenez dans votre équipe ? Je vous remercie, vraiment, je vous remercie. Oui, mais ça, c’était dans l’euphorie de cette bonne nouvelle : j’avais un boulot ! Mouais. Si j’avais su, je ne me serais pas réjoui trop vite. Ni trop fort. Parce qu’il avait raison le recruteur, il vaut mieux être débordé de boulot que débordé d’attente. En tout cas, moi, c’est ce que je pense. Être là, à s’obliger à faire semblant, ça me stresse plus que d’avoir trop de boulot.

Mais comme en chaque inconvénient, il faut dénicher le bon côté, celui qui nous apportera ce qu’on appelle l’expérience, je me dis que je suis devenu assez bon, pour ne pas dire expert, en simulation. Je sais parfaitement simuler. Et ça n’est peut-être pas à fonds perdus. On ne sait jamais. Qui sait si je n’aurais pas besoin de simuler quoique ce soit avant de quitter définitivement cet emploi. C’est l’avenir (un proche avenir ?) qui nous le dira. Ou qui fera semblant de me le dire.