Tout à l’heure, nous prendrons l’autoroute fleurie pour rentrer à Bordeaux. Nous ferons deux équipes de deux : mon père et moi, devant et ma mère et le président, derrière. Nous écouterons des chansons enregistrées sur une clé USB que j’ai toujours dans la voiture. Enfin, nous essaierons d’écouter des chansons car je les connais, les deux de derrière (les fagots), ils ne vont faire que parler, parler, parler tout comme nous allons avaler des kilomètres, des kilomètres, des kilomètres. Et parfois, au milieu de leurs discussions, nous entendrons des bribes : « Tu parles trop, j’entends du soir au matin, les mêmes mots, toujours les mêmes refrains…bla, bla, bla, bla… »

Nous rencontrerons probablement un ou deux ralentissements et surtout, nous croiserons peut-être un accident, de l’autre côté, chez ceux qui rentrent plutôt vers Paris. Et là, au moment de passer devant l’endroit précis de l’impact, nous verrons surtout des ambulances et des voitures de pompier, ainsi que la police. Et nous aurons une pensée pour ces pauvres gens qui auront été blessés voir pire. Et dans le lot, il y aura peut-être un enfant. Ou plusieurs. Qui venait juste de faire sa rentrée. Et on se dira que franchement, toutes ces fournitures achetées pour si peu. Mais on se consolera en se disant que Nordhal Le Landais n’y sera pour rien, cette fois. « Prendre un enfant par la main et l’emmener vers… »

À l’approche de Bordeaux, je pense que je m’arrêterai pour faire le plein et si j’ose, je passerai la voiture aux rouleaux pour la rendre un peu moins sale. Car les autoroutes, loin d’être fleuries, elles dégueulassent surtout les automobiles. Mon pare-brise sera plein de cadavres d’insectes probablement pas tous suicidaires. Et nous ne serons pas mécontents d’arriver à la maison, douce maison. Le week-end en famille n’aura pas été que de tout repos mais nous serons heureux, malgré tout car ça fait du bien même si nous serons contents de nous retrouver au calme. « La famille, ça fait partie, des p’tits soucis quotidiens et pourtant, c’est une vie qu’on aime bien… »