Prenons l’autoroute fleurie, qui conduit vers le bonheur…

Bon, ça va, il semble qu’il n’y ait pas trop de monde, ce matin. Il faut dire qu’un samedi à 10h, après la rentrée scolaire, on ne peut pas dire que ça entre dans les gros chassés croisés de l’été ou alors, il y a des parents qui n’ont pas mis leurs rejetons à l’école et ça, ça n’est pas bien. Pas bien du tout.

Suivons-la toute la vie, main dans la main, cœur contre cœur…

Non, on ne prend pas la main du conducteur quand il est au volant. Et on ne se colle pas à lui non plus. C’est trop dangereux. Et surtout, il y a bien d’autres endroits pour faire des câlins que sur une autoroute, à 135km/h. Il faut rester vigilant et ne pas se laisser distraire. Sinon, ça n’est pas bien. Pas bien du tout.

Avec vous, petite amie, le chemin sera trop court…

Oui mais non. Je ne suis pas avec ma petite amie mais avec le président. Ça n’a rien à voir. Et en plus, si le chemin peut sembler plutôt court, c’est que nous n’avons que 200km à faire alors que si nous étions allés plus loin, la route nous aurait semblé nettement plus longue. CQFD.

Car c’est vous que j’ai choisie pour me conduire au grand amour…

Tu parles, Charles, le président, il n’a pas le permis et donc, quand nous partons tous les deux, c’est toujours moi qui m’y colle. Même si j’ai travaillé dans la nuit, comme aujourd’hui. Alors là, vous voyez, qu’on ne me parle pas de grand amour, car là, tout de suite, je ne vois pas ce que ça veut dire.

Partons, la joie de vivre nous attend…

Tiens, un radar ! Ça va, je suis bloqué à 135km/h, normalement, comme mon compteur annonce deux ou trois kilomètres de plus que la réalité, si je suis flashé, ce sera à maximum 133, normalement, je ne crains rien. Mais de là à parler de joie de vivre quand on croise un radar…

Chaque fleur dans la prairie, chaque oiseau au fond des bois…

Les deux seuls avantages des autoroutes, ce sont la rapidité (en général) et la presque beauté des paysages. C’est vrai, on traverse des champs, des vallons, des campagnes… On aperçoit de petits villages au loin. Et on doit faire attention aux animaux sauvages. C’est écolo, une autoroute, hein, Nicolas ?

Chante la route fleurie que nous suivons, vous et moi.