Tous ceux qui me connaissent bien savent que je n’aime pas fêter Noël. Pourquoi ? Parce que. Parce que quoi ? Parce que parce que. Et débrouillez-vous avec cette réponse qui résume bien mon état d’esprit légèrement à cran dès qu’on évoque cette fête de l’indécence. Je ne vais pas redire et re-redire les arguments qui font que désormais, pour moi, Noël, c’est juste un moment où j’ai l’habitude de travailler encore un peu plus de nuit alors qu’on est en plein hiver et qu’on est mieux sous la couette.

Mais cette année, je vais peut-être faire une entorse à la règle que je me suis fixée. J’envisage sérieusement de faire un réveillon de derrière les fagots. Il me reste exactement quatre mois pour être sûr de mes choix, faire mes achats, préparer les mets divins que me promettent les recettes que j’ai trouvées et les déguster sans me rendre malade. Ça va, normalement, je devrais être capable de réussir ça haut la main (c’est un hold-up !) sinon, je ne m’appelle plus Stéphane, foi gras d’oie. Ou de canard. Ou d’alcoolique.

Je pense que pour commencer, je vais faire comme aux États-Unis, préparer un eggnog, vous savez, ce lait de poule, cette boisson riche et épaisse, parfumée au rhum et aux épices. Ça servira d’apéritif. Pour l’accompagner, quelque chose de léger : des paprenjaci, ces petits gâteaux au poivre, spécialité croate qu’aime beaucoup Mireille Mathieu. Tout le monde se souvient de son premier succès : Oui, je croate… Oui, d’accord, on pourrait croire que j’ai déjà commencé à boire mais non, c’est juste que j’ai embrassé un clown, ce matin.

Ensuite, pour faire comme ceux qui ont préféré le Brexit à l’Europe, une soupe d’huître, à manger à la cuiller, comme le fait tout britannique qui se respecte.  À manger avec une cuiller tout en faisant des grands slurps sans en faire tomber à côté. Comme plat de fête, j’ai pensé à quelque chose qu’on sert en Roumanie ; les toba. Il s’agit d’intestins de porc farcis de gelée de viande, de foie et de couenne. Si ça, ça n’est pas un mets festif, qu’on me pende haut et court. Surtout qu’on peut même y ajouter du foie gras. C’est un plus.

Enfin, en dessert, on va contourner la sempiternelle bûche, on va essayer de faire plaisir à mon papa, avec un nkono ngond, un gâteau à la pistache d’origine camerounaise. C’est facile, pour se souvenir du nom de cette pâtisserie plutôt exotique : nkono, ça veut dire pistache et ngond, gâteau. Oui, parce que c’est un peu comme si on disait : pistache de gâteau. De toute façon, tout le monde aura compris. Voilà, le tout pourrait être arrosé d’un bon de Placenta 10000, à base de pêche et de placenta de porc comme on sait le servir au Japon. Après tout, il sera né, le divin enfant !