Cette musique un peu lourde et entêtante avec des relents de mélopée n’augure rien de positif. Rien de joyeux. Mais la vie, la mort peuvent-elles seulement être joyeuses ? Il se pourrait que Pierre, ce héros, cette crapule soit déjà parti de ce bistrot qui n’existe pas. Et comme on ne voit ni ticket, ni monnaie sur la table qui reste, avec ses reliefs de café bu, on est en train de se demander comment ça s’est passé pour le règlement de sa consommation.

Peut-être que Pierre a payé et qu’on ne lui a pas rendu de monnaie car il a donné le compte tout pile et le serveur, qui a disparu, dans ce bistrot qui n’existe plus, a peut-être déchiré le ticket de caisse pour le jeter ensuite dans une poubelle, hors du champ de vision de la caméra. Ou alors, Pierre n’a pas payé et il va revenir. Peut-être est-il tout simplement parti faire pipi ou fumer une cigarette. Dehors. La cigarette, pas le pipi. Mais Pierre ne fume plus depuis longtemps.

Ou enfin, Pierre est parti sans payer. Un acte de grivèlerie. Volontaire ou non ? Mais non, la vérité est sans doute ailleurs. Pierre n’a peut-être pas bu de café dans ce bistrot qui n’existe pas. Parce que Pierre n’est peut-être pas venu. Ce n’est peut-être pas lui qui a bu dans cette tasse vide. On peut aussi se demander si Pierre existe vraiment. Un peu comme ce café. Et moi, je suis assez content d’avoir écrit trois billets d’un coup pour pallier mon absence ce week-end.

Fin. Peut-être. Allez savoir…