Chouchou, non ! Vraiment, tu exagères, là. Ça fait deux jours que je te laisse gérer le blog et tu as beau avoir tenté d’imiter ma façon d’écrire, personne n’a été dupe. Eh non, personne n’a pu croire une seconde que j’aie été l’auteur de ces deux derniers billets. Ils ne ressemblent pas du tout à ce que je suis capable d’écrire ni à ce que j’aime écrire. Ça n’est pas moi, ça, ces histoires de sécheresse matinale et de fuites culinaires. Et puis, zut, quoi, tu ne trouves pas qu’on en entend déjà assez comme ça à la télé et à la radio, de ces histoires, de ces détails privés voire profonds ?

Non, non et non. Tu vois, je ne suis vraiment pas content. Je t’ai fait confiance car j’étais fatigué et je me suis dit que ça serait bien que tu sois un peu autonome en faisant comme si je n’étais pas là mais je me rends compte que je n’aurais pas dû. C’est vrai qu’avec toi, j’ai eu cent fois plus de réactions, de commentaires. On pourrait donc penser que les visiteurs ont aimé ce que tu as pondu. Tu te mets le doigt dans… Le doigt dans l’œil. Parce que tous les commentaires, tu m’entends, tous les commentaires témoignaient d’une espère de stupéfaction : « Non, ce n’est pas vous, Stéphane ? »

Eh bien non, ils ont tous eu raison, ce n’était pas moi. C’était toi. Comment ça, il n’y a pas eu un seul commentaire ? Forcément, j’ai passé ma journée et ma nuit à les effacer au fur et à mesure tant je les ai trouvés désobligeants. Je n’avais pas envie de propos acerbes dans mon blog. Je n’ai pas voulu avoir les syndicats de femmes sur le dos. Et même si je suis d’accord avec toi, ces publicités archi-diffusées à la télévision, personne ne dit rien et toi, oui toi, dans mon blog, tu en parles et ça fait se lever une série de furies en colère qui crient à la vengeance. On marche sur la tête, je sais.

Bon, de toute façon, le mal n’est qu’à moitié fait vu que j’ai effacé tous les commentaires qui pouvaient attiser une certaine violence ou une certaine agressivité et pour le reste, j’espère que peu de mon viendra continuer de lire mon blog. Attends, chut, tais-toi une seconde ! Écoute ! Tu entends la gamine, à l’étage en dessous ? Non, c’est le gamin qui parle à sa petite sœur : « On joue à ‘Je ris, j’éternue, j’ai des fuites urinaires ?’ » « D’accord, moi, je fais celle qui éternue ! » « Non, tu fais celle qui a des fuites urinaires et moi, je ris et j’éternue ! » « Oh, c’est toujours toi qui rit et qui éternue ! »

Si ce n’est pas malheureux d’entendre des enfants de moins de dix ans autant imbibés des publicités qu’ils subissent à la télévision ! Bon, pour en finir avec notre histoire, nous sommes d’accord, Chouchou, hein ? Nous sommes d’accord ? C’est fini les billets qui peuvent choquer, OK ?  Et la prochaine fois, tu n’as qu’à parler de choses moins sensibles. Je ne sais pas moi, Daesh, les pédophiles ou les grèves à la SNCF. Et, approche-toi, je vais te dire un truc à l’oreille : « Vingt euros dans ta poche si tu continues de faire croire que c’est bien toi qui as écrit ces deux billets plutôt moyens. »