Vendredi, en rentrant du boulot, à l’heure du déjeuner, j’ai ouvert la boîte aux lettres et j’y ai vu une enveloppe à mon nom, un peu épaisse et comme je n’avais rien commandé nulle part, sur Internet, je me vraiment demandé de quoi il pouvait s’agir. Dans l’ascenseur, j’ai tourné et retourné l’objet en question pour avoir un indice mais arrivé au cinquième, là où j’habite (ça tombe bien, hein ?), j’ai ouvert la porte de chez moi et me suis précipité dans la cuisine pour l’ouvrir, le paquet. J’en ai sorti un livre. « Le pouvoir magique des bonnes manières. » Numéroté 9 d’une collection les Cultissimes d’hier et d’aujourd’hui. Je me suis dit que forcément, c’était une erreur.

Ou alors, quelqu’un pense que je n’ai aucune bonne manière et s’est dit qu’avec ça, j’allais pouvoir m’améliorer. Peut-être. Peut-être pas. Alors, comme j’ai eu un peu peur qu’on me réclame de l’argent pour cet ouvrage que de moi-même, je n’aurais jamais acheté, j’ai appelé au numéro indiqué dans le bon de livraison joint. « Si ça ne vous concerne pas, retournez-le à son expéditeur en indiquant que vous n’habitez pas à l’adresse indiqué. » Alors, j’ai appelé la maison d’éditions des Cultissimes et là, on m’a demandé si j’étais abonné à telle ou telle revue. Oui, je suis abonné à Gourmand. « Donc, ça doit être un cadeau pour vous être réabonné. » Ah bon ? Un livre sur les bonnes manières ? Comment je dois le prendre ? C’est vrai, ça…

Bon, finalement, je l’ai parcouru, ce guide. Il est fait pour recevoir à perfection , pour écrire des courriers stylés, pour bien se tenir à table, pour réussir des entretiens et surtout, surtout, il est plein de conseils beauté, santé, bonne estime de soi et s’adresse évidemment (si, si !) aux femmes. Tous les adjectifs sont au féminin : « Dites-vous que vous êtes intelligente, que vous êtes belle… Je viens de calculer mon Indice de Masse Corporelle, apparemment, je ne suis pas assez grande… » Eh bien, moi, le ronchon de service, je dis que dans les bonnes manières, on n’envoie pas un livre destiné aux femmes à un homme. On envoie un bouquin plus adapté. Ou unisexe. Mais là, franchement, je trouve ça limite. Dommage qu’il n’y ait pas comment se faire refaire la poitrine, pendant qu’on y était…