Il y a des fois où les gens sont vachement nerveux. Et surtout, ils sont nettement plus nerveux que moi. J’en veux pour preuve ce qui s’est passé avant-hier au boulot et qui est une conséquence de ce nid de mouches et d’asticots qu’on a découvert dans un conteneur plein de déchets de poissons pourris depuis samedi dernier (voir mon billet presque excellent du 19 juillet : « les mouches pourraient avoir la complaisance de mourir le mercredi matin ») : finalement, après le passage des éboueurs sympas, une fois le conteneur rincé, les gens se sont mis à se critiquer les uns et les autres. Probablement plus les autres que les uns, j’aurais peut-être alors dû écrire : se critiquer les autres et les uns, mais ça sonne d’une façon si bizarre que je vais laisser les uns et les autres. Et notre responsable de site, un prénommé Anonyme (je ne veux pas d’histoire, moi) a commencé à vouloir s’en prendre à plusieurs fautifs potentiels. Comme quoi il n’avait pas à nettoyer la merde des uns.

Bon, oui, certainement. Dans le doute, tout le monde a acquiescé. Mais rapidement, les uns (dont le chef n’est pas Attila, que les âmes les plus sensibles soient rassurées) n’en pas voulu en entendre de cette oreille (laquelle) et ont vivement répliqué avec force gros mots et propos provocateurs pour ne pas dire belliqueux. Et forcément, comme le ferait n’importe quel animal sauvage contre un autre qui ne serait d’accord avec lui, le ton est monté toutes griffes dehors et tout poil hérissé. Et de fil en aiguille, aucun des autres ni des uns n’a voulu perdre le dernier mot et ça s’est transformé en mise au poing. Ou presque. C’est-à-dire que le responsable de site a frappé le mur (qui n’avait rien fait, pourtant), ce qui a encore plus excité les uns qui du coup, sont venus s’en prendre à son cou ( !), histoire de le bousculer un peu (comme quand on veut faire avec les habitudes mais en plus agressif) et l’autre a voulu montrer qu’il savait se défendre et bref, des gamineries, quoi !

Les autres sont revenus en disant (d’une façon très mal jouée) : « Oh, j’ai mal, je vais rentrer chez moi ! » Et les uns, ne voulant pas perdre la face, ont ajouté : « T’inquiète, tu vas voir ce que tu vas voir. Ça se passera à l’extérieur et tu ne pourras pas faire l’étonné. J’ai des amis qui vont venir s’occuper de toi ! » Et nous, pendant ce temps-là, nous nous faisions tout petit. Mais depuis, on a appris que les uns ont été mis à pied pour trois jours et que les autres ont trouvé un médecin consentant pour avoir huit jours d’interruption de travail. Alors qu’il n’y a pas eu de véritable coup de donné. Et ils ont porté plainte contre les uns. Oui, à la police. De la part d’un responsable de site, ça me semble un peu étrange. Je n’ose imaginer l’ambiance, à son retour. Et faudra-t-il que nous témoignions alors que nous sommes ses subordonnés ? Je ne sais pas mais tout ça, ça ne me dit rien qui vaille. Ça aurait été aussi bien de laver ses déchets de poissons pourris en famille. Je dis ça, je ne dis rien.