Kali ! Shouka ! Pardon, Chouka ! Allez, revenez par ici, ce n’est pas propre, là-bas. C’est vraiment amusant de les voir courir comme des fous, surtout elle, en tête et lui, ensuite, qui essaie toujours de la dépasser mais il ne fait que la talonner. Ce qui n’est déjà pas mal… Je me demande s’ils comprennent quand je contracte leurs deux noms. Tiens, je vais ressayer, pour voir : Choukali ! Venez ici ! Bof, je ne sais pas s’ils n’ont pas compris ou s’ils vaquent juste à leurs occupations. Il vaudrait mieux que je retente ça quand on sera rentrés chez eux et qu’ils n’auront pas plein de sollicitations comme ici, en promenade. Elle, c’est simple, elle a un instinct de chasseuse. Elle cherche la petite bête. Ou la grosse. Lui, il est plus pépère, c’est un chien d’appartement, je crois. Ce qu’il cherche ? Tout ce qui peut se manger mais qui n’est pas à chasser, juste ce qui est par terre.

Choukali, allez, cette fois, on y va. Vous avez vu l’heure ? Non, bien sûr mais je vous le dis, moi, ça fait trois quarts d’heure que vous courez partout, je suis fatigué, moi. Et franchement, il faudrait que chacun y mette du chien, sinon, ça n’est plus gérable. C’est vrai, ça, en plus, moi, après, je dois encore rentrer chez moi. Ce n’est pas désagréable, de les promener, les deux fauves, mais bon, je me demande si je n’aurais pas mieux fait de demander à Chouchou de venir le faire pendant que moi… Pendant que moi, pendant ce temps-là, justement, je serais resté pendant. Bon, Chouka, qu’est-ce que tu es encore en train de manger ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Du jambon cru ! Tu as trouvé ça où, dis-moi ? Bon, de toute façon, ce n’est pas la peine que je tente quoique ce soit pour l’empêcher de faire, il ne partira de là que quand il aura tout fini. Ce n’est pas un chien, c’est un estomac sur pattes.

Et toi, Kali, où es-tu encore partie te fourrer ? On va y aller, tu viens ? En plus, il commence à faire vraiment chaud, là, maintenant. Et ils doivent avoir soif, là. Allez, on va rentrer et vous pourrez boire. Et si vous êtes sage, vous aurez même droit à une glace. Ah non, zut, je me suis trompé, ils n’y ont pas droit. Les glaces, c’est pour les neveux. Il faut quand même que je rattrape le coup, si jamais ils ont compris… Vous aurez le droit de vous regarder dans une glace ! Tu parles, Charles, ils doivent s’en foutre à un point… Allez, venez, on va se rattacher. Attendez !... Oui, Kali, c’est bien, tu es une bonne fille. Et toi, maintenant, Chouka, attends-moi. Oui, voilà, fais la carpette par terre, ça me va et hop, c’est bon. Parce que si je vous laisse sans laisse, je ne sais pas trop ce que ça va donner, de traverser le cours d’Albret. Allez, on rentre ! Et ce n’est pas trop tôt. Moi aussi, j’ai soif. Et j’irai bien m’allonger, là.