C’est vrai, ça, non seulement elles sont dégoûtantes, les mouches (toutes, à mon goût) mais en plus elles ne sont pas du tout coopératives. C’est vrai, regardez, elles viennent toujours vers moi alors que ça doit se savoir, dans leur milieu, que je les déteste, qu’elles me font peur et que je suis le roi de la tapette (attention, je n’ai pas dit le roi des tapettes), donc, que j’en élimine tant et plus dès que j’en ai l’occasion. Je suis l’auteur d’un génocide « muscal » : tout ce que je peux exterminer, mouches et moucherons, grands et petits, je l’extermine et j’en suis non seulement heureux mais aussi fier et satisfait. De toute façon, je ne veux pas être enterré mais me faire incinérer rien que pour ne pas leur donner le plaisir de venir pondre sur moi et de laisser les asticots venir bouffer ce qui restera de moi, c’est-à-dire pas grand-chose.

À propos de mouches, je voudrais dire quelque chose qui s’est passé à mon travail, ces jours-ci : samedi matin dernier, quelqu’un (de chez nous ou un client ?) a déversé beaucoup de déchets de poissons dans un conteneur pas destiné à ça. Avec la chaleur qu’il a fait, les orages qui en ont découlé, la coupe du Monde qu’on a gagnée… autant vous dire que lundi, mes collègues se sont rendus compte que ça grouillait de grosses mouches vertes (les plus rebutantes) et surtout, d’asticots. J’y suis même allé voir, mardi matin car on me l’avait dit mais j’avais du mal à le croire. Enfin, ce matin, des éboueurs sympas ont quand même ramassé ce que d’autres moins sympas nous avaient laissé, lundi et mardi. Et depuis, tout a été rincé sauf qu’il en reste une odeur pestilentielle sur le parking de l’entreprise.

Mais ça, c’est encore une digression dont j’ai le secret puisqu’on s’est éloignés du titre de ce billet. Oui, je disais donc que franchement, les mouches ne sont pas complaisantes car elles meurent n’importe quand, chez moi alors qu’elles pourraient toutes se grouper pour tomber au champ d’honneur le mercredi matin. Uniquement le mercredi matin. Car le mercredi après-midi, il y a Renée, la femme de ménage qui vient et qui passe l’aspirateur partout, entre autres. Alors que là, celles qui sont mortes aujourd’hui, jeudi, si je ne prends pas sur moi pour les ramasser, leurs cadavres vont rester par terre jusqu’à mercredi prochain. Non, vraiment, elles n’y mettent aucune bonne volonté pour mourir chez moi, les mouches. Mais que voulez-vous, tout fout le camp, mon bon monsieur. Et oui, ma bonne dame.