Tu vois, Chouchou, tu as bien fait d’y aller à ma place, hier, avec Jérémy. Moi, je n’aurais pas su faire tous les exercices qu’il t’a demandé de faire – et tu as bien fait d’obéir, ma réputation était en jeu. Il a bien vu que tu avais plus de force et de résistance que moi. Normal, avec autant d’années en moins… J’ai donc échappé au pire : faire quatre fois la chaise contre un mur, mais sans chaise ! Faire des séries de dix pompes avec les pieds sur un step ! Bon, oui, tu ne l’as fait que trois fois car ensuite, ce sont les mains que tu as mises sur le step… Écarter les bras avec un haltère de 2kg dans chaque main en étant assis sur un gros ballon forcément pas très stable, tout ça, moi, je ne peux plus, ce n’est plus de mon âge, comme disaient les vieux, que je suis progressivement devenu, quand j’étais plus jeune. Il y a bien longtemps.

En tout cas, merci. Moi, j’ai pu me reposer, du coup. Mais tu m’as dit quoi, tout à l’heure ? Que tu lui avais suggéré de faire des pompes de façon plus ludique ? Qu’entends-tu par « plus ludique », Chouchou ? J’ai peur de ta réponse, là, tout d’un coup… Les mains sur un bosu ? Non mais, tu es dingue, mon pauvre garçon ! Ta jeunesse et ta beauté n’excusent pas tout, enfin !... Tu te rends compte que si c’est moi qui y vais mercredi prochain, il va me demander de les faire, ces pompes impossibles ! Franchement, tu exagères car là, ça me démotive totalement. Bien sûr que c’est amusant de faire des pompes autrement que celles que tout le monde fait mais là, non, je sais que je ne pourrai plus le faire ! Non, je ne pourrai plus. Et oui, je l’ai déjà fait. Mais c’était bien avant que je te connaisse, plusieurs années, même…

Passons. De toute façon, le mal est fait. Et ça fera mal si je dois exécuter une série de ce genre de pompes. Donc, pour en revenir à hier, tu as dû avoir chaud. Et tu as transpiré, bien sûr. J’imagine que tu n’as pas autant transpiré que si j’y étais allé, moi. En plus, je suis sûr que tu transpires mieux que moi. Forcément, vu comment t’es beau et comment t’es gaulé, je suis sûr que tu as une sudation qui sent bon. Pour un peu, je m’en mettrais presque sous les bras en guise de déodorant. D’ailleurs, c’est une idée à retenir, ça. La prochaine fois, tu m’en mets de côté de ta bonne transpiration. Ça pourra toujours me servir. Bon allez, file à ce que tu dois faire, moi, j’ai encore envie de me reposer un peu. Avec cette température limite caniculaire, je n’ai envie de rien. Je me sens inefficace pour à peu près tout. Non, pour tout, même.  Sauf pour éternuer.