Non, vous ne me ferez pas dire que je n’aime pas la fête de la musique. Du moins, pas ce qu’on nous fait croire que c’est la fête de la musique. D’une part, parce que comme je me lève avant 3h du matin, je ne vois pas pourquoi j’irai écouter du bruit pendant toute une soirée tout en essayant d’éviter ceux qui ont trop bu et qui ne marchent pas droit. D’autre part, parce que, à presque chaque coin de rue et à quelques rebords de fenêtres, ce sera à qui mettra les amplis le plus à fond possible. Et moi, ça, ça me casse les oreilles. Et enfin et surtout, parce que les dernières années où j’ai subi cette manifestation populacière, je n’ai pas du tout entendu de musique. Que du rock et de la techno.

De toute façon, la fête de la musique n’est pas compatible avec une vie socio-professionnelle normale. Et donc, à moins de prendre le lendemain en jour de congés ou de RTT, je me demande quelle est la productivité potentielle de tous ceux qui ont passé tout ou partie de leur nuit à s’user les tympans. Et je me souviens de ce lendemain de fête du bruit, il y a quelques années, alors qu’il faisait une température caniculaire, l’atmosphère était étouffante et pourtant, nous avions dû nous reclure chez nous, fenêtres et volets clos afin de ne pas devoir supporter le vacarme environnant. Ce jour-là, celui d’après, les rues étaient jonchées de cadavres de bouteilles et de déchets de sandwiches et autres hamburgers.

Alors moi, je dis non. Pas ça. Plus ça. Je ne veux plus cette décadence. Ou alors qu’on interdise l’électrification des instruments qui jouent dehors et qu’on limite le niveau sonore des platines dont les propriétaires pensent que de passer des CD est une contribution à la fête de la musique. Et qu’on fasse venir des harpes, des pianos et même des guimbardes. Qu’on entende des mélodies. Pas du raffut. Pas ce qui pousse les gens à s’enivrer le reste du corps une fois que les oreilles sont en train de prendre leur dose. Il n’y a vraiment pas de quoi en être fier, de ce qu’est devenue cette manifestation qui était une bonne idée, au départ. Donc, pour conclure, ce soir, ce sera évidemment sans moi. Et vivent les boules Quies !