Finalement, si ça se trouve, personne ne s’en est rendu compte, hier, que je n’ai pas publié de billet. Rien, nada, que tchi. Même pas un texte contre les syndicalistes grévistes ni même sur Laeticia Hallyday. Rien, j’étais trop tout mou. Et aujourd’hui, comme je me sens un peu pareil, je pense que je vais faire la même chose. Ou plutôt, ne pas faire, comme hier. Ne rien écrire et ne rien publier. Je suis trop bien sur mon fauteuil, même si ce n’est pas grand soleil, là, sur la terrasse, en position quasi horizontale. Et, alors que j’ai les yeux fermés, je suis en train de me dire qu’il fait quand même un peu chaud, voire lourd. Et que j’ai soif. Mais j’ai la flemme de me lever. Si seulement j’avais un boy qui m’éventait avec une grande feuille de bananier à qui je pourrais dire, d’un simple claquement de doigt amical : un verre d’eau pétillante avec une rondelle de citron mais sans glaçon, s’il vous plaît. Et je n’oublierais pas de dire merci parce que je suis bien élevé.

En même temps, j’ai un peu faim. Il faut dire que comme je n’ai pas arrêté de ma journée, encore une fois, entre celle du boulot et la deuxième, à la maison et chez le patron, je reconnais qu’un bon quatre heures, ça m’aurait fait du bien. Où est-il passé encore ce boy ? Eh, Chouchou, où êtes-vous ? Lui crié-je dans ma tête pour ne pas ameuter tout le quartier. Je pourrais lui demander de me préparer quelque chose de sympa. De quoi ai-je envie ? De gras ? Oui, pourquoi pas, mais quoi ? Ah tiens, si je lui demandais de me faire un petit sandwich de moins de 10 cm de long avec une tranche de salami danois, quelques chips émiettées et une autre tranche de salami danois ? Comme le pain est encore très frais, ça va être bon, ça va croustiller et le manger en position horizontale, ça va décupler les sensations de plaisir. Hmmm, je m’en lèche les babines d’avance. Est-ce que j’ai encore du salami, au fait ? Les chips, j’en ai terminé un paquet hier mais il y en a un qui n’est pas ouvert.

Non, je ferais mieux de manger du sucre, ça me donnera un coup de fouet. Voyons, voyons… Une glace ? Mouais, je ne suis pas trop convaincu. Ou alors, en dernier. Histoire de tout faire glisser dans le gosier et patienter jusqu’au dîner de 20 heures. Ah tiens, il pourrait me servir des fraises avec de la crème anglaise. C’est bon ça. Mais ça n’est pas assez déviant à mon goût. Je pourrais tenter de lui demander un sandwich d’environ 12 cm, cette fois (oui, un peu plus long que pour un salé) avec du beurre (pour le gras), de la confiture (il y en a à la fraise au réfrigérateur) et comme j’aime bien le mélange des textures, Chouchou pourrait y ajouter de la cassonade afin que ça craque un peu sous les dents. Ce n’est pas mal du tout, ça. Et une glace, juste après. Comme ça, j’aurai à la fois du sucre et du gras. Mais pas d’abricot, hein, Chouchou ? Non, je ne voudrais pas me charger l’estomac inutilement à deux heures et demie du repas du soir. Bon, de toute façon, je n’ai pas de boy à ma disposition et je n’ai pas le courage de me lever, alors, tant pis.