À partir de maintenant, chaque mardi, je me mettrai en mode double attente. D’une part parce qu’on est devenu un des pays les plus électriques de la planète, j’en veux pour preuve ces persistances d’orages et de mauvais temps depuis des lustres et des lustres. Et d’autre part parce que je n’aime pas le mardi vu que c’est mon jour de reprise. Et comme ça commence à se savoir, je suis en train de les compter, ceux qui me séparent de mon départ de là. De là où je ne me sens plus très bien et pas du tout en phase. Alors, j’ai débuté ce nouveau programme dès aujourd’hui, après le déjeuner, en me repliant sur moi-même le temps de faire un point sur les « i » du mot intimité. J’en aurais eu plus si j’avais choisi le mo indivisibilité mais ça ne voulait plus rien dire. Alors, de deux mots, j’ai choisi le moindre.

On va sans doute que je suis peut-être un peu trop mélancolique, un peu trop dépressif chronique mais non, je ne crois pas, je ne le suis qu’à mes heures perdues. Je suis loin d’être lypémaniaque. Soyons raisonnables et réalistes un instant, je vous prie. Et force m’est de constater qu’il est vrai que sous mes abords de mec prêt à tuer père, mère, frères et sœurs pour un bon mot (Ah si seulement j’avais plus souvent eu des marteaux, dans ma vie !... ), dès que je n’ai plus de public devant qui faire mon numéro, je peux tomber dans un certain abattement, une espèce d’apathie et/ou de neurasthénie. Ah, mon Dieu (si vous existez), combien sont sombres les ténèbres quand les projecteurs s’éteignent ! En même temps, ça ne me coûte rien d’écrire ça, je suis en plein dans le pléonasme, là, je trouve.

Voilà donc ce qui sera mon état d’esprit (et de l’esprit, je peux en avoir des tas, vous savez) pour tous les mardis à venir jusqu’à au moins la fin de cette année 2018. J’ai failli écrire jusqu’à nouvel ordre. Mais j’ai eu peur que ça ne ressemble d’un peu trop près à un préavis de grève de ces syndiqués dont je ne serai jamais le thuriféraire. Celui-ci, au moins, je l’ai placé comme c’était prévu. Que voilà donc une bonne chose de faite. Et tout ce qui est fait n’étant plus à faire, je me sens libéré, soudain. Un peu comme cette éclaircie en forme d’embellie qui vient nous rappeler que derrière chaque orage, il y a le soleil qui peut revenir. Oui, mais le problème, c’est que derrière chaque soleil resplendissant, il peut y avoir un nouvel orage. Et ainsi de suite. Alors, le mieux, je persiste et signe, c’est que je j’aille me replier dans l’attente.