Absolument pas. Ce n’est pas du tout une question de Stéphane, une question de prénom. Ce n’est pas parce que je m’appelle Stéphane, que j’aime tous les autres Stéphane, surtout, les célèbres. Bon, je reconnais qu’il y en a certains pour qui j’ai un vrai sentiment d’attachement, de respect et d’admiration mais ils ne sont pas légion. J’aime beaucoup l’écriture de Stéphane De Groodt, j’aime la personnalité ambigüe de Stéphane Bern, j’aime bien et j’aimais beaucoup Stéphane Audran, qui avait une putain de classe. En revanche, je suis nettement moins porté sur d’autres personnalités qui ont le même prénom que le mien. Soit parce qu’elles m’indiffèrent, soit parce que je ne les connais pas, soit parce que je ne les aime pas. Et je ne vais pas leur faire l’affront (ni l’honneur) de les citer ici. Quoiqu’il en soit, il y en a un dont j’aime particulièrement l’œuvre (bien que je n’en connaisse qu’une infime partie), c’est Stéphane Mallarmé.

Celles et ceux qui ont lu le billet d’hier, Clin d’œil à Stéphane Mallarmé ont dû se rendre compte d’un certain hermétisme poétique. Je le reconnais d’autant plus volontiers que quand j’ai écrit de poème, il y a plus de vingt ans, je sortais de la lecture du recueil « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard », acheté à l’époque parce que rien que le titre m’avait attiré. Tout comme ce magnifique premier vers que j’ai cité dans le texte d’hier : « Las de l’amer repos où ma paresse offense » ou encore, ce vers, peut-être le plus célèbre qu’il ait pu écrire : « La chair est faible, hélas et j’ai lu tous les livres », tiré du poème Brise marine. Que voulez-vous, il y a des textes, des chansons, des citations dont je suis extrêmement jaloux. J’aurais tant aimé les écrire moi-même. Si j’en avais eu l’idée le premier ! Et si j’avais eu leur talent ! Tant pis, hein ? Quoiqu’il en soit, Mallarmé, je crois que c’est probablement un de mes trois poètes (français) préférés.

Bien sûr, j’aime beaucoup Prévert et Rimbaud mais Mallarmé a une écriture qui me dit des choses que je ne comprends pas et c’est certainement ça que j’aime dans ce que je connais de lui. Je trouve les mots très, très beaux et je n’y comprends rien ou si peu de choses que c’est justement ça qui en fait le sel, à mes yeux. La puissance des mots qui me permet de nager dans les eaux troubles de l’incompréhension jusqu’au naufrage. Mais un naufrage volontaire. Mallarmé est un auteur remarquable mais assurément méconnu. Si je peux lui rendre même ne serait-ce que le plus petit hommage qui soit, j’en serais très fier. D’où cette création, publiée hier, dans laquelle, je me souviens m’être vautré, pris un peu la tête et avoir pris un grand plaisir avant, pendant et encore après l’écriture. Pardon pour cette explication de texte peut-être un peu malvenue ou inopportune mais j’avais juste besoin de saluer le maître.