Ce matin, alors que j’allais déposer des factures clients dans le local administratif de la nuit, j’ai traversé la plate-forme réfrigérée et j’ai eu un peu froid mais pas tant que ça car je n’y suis pas resté longtemps vu que je n’ai fait que la traverser, histoire de quelques dizaines de secondes. Il n’empêche qu’en revenant à mon bureau, j’ai mis un certain temps à retrouver des verres sans buée sur mes lunettes. Comme si j’avais besoin de buée de sauvetage pour y voir ! Bien au contraire… Et donc, en revenant du bureau de facturation de nuit, j’ai machinalement jeté un œil sur une partie du stock, celui qui est en plein milieu, dans des bacs de criée. Et là, j’ai trouvé la vision très belle. Alors, je suis vite retourné à mon bureau pour prendre mon téléphone et faire une ou deux photos. La première, celle qui se trouve juste en-dessous de ce paragraphe, c’est une vue presque générale. Je trouve que c’est plutôt un peu vachement beau. Très esthétique. Les formes, les couleurs, l’ambiance… Sauf qu’on ne ressent pas vraiment le froid. C’est dur à rendre sur un cliché, ça, le froid.

plate forme

Ensuite, mon œil s’est attardé sur un détail (je dis « mon œil mais en réalité, ce furent les deux yeux, bien sûr) et là, je me suis dit que ça valait la peine de zoomer pour avoir une vue plus précise de ces bacs bleus avec des bouts de poissons qui dépassaient. Tantôt à gauche, tantôt à droite, tantôt face à moi et qui sait, peut-être même à l’opposé de moi, là où mon œil (voire les deux) n’ont pas la possibilité de voir, derrière les bacs. Je n’ai pas eu besoin d’aller vérifier pour m’en assurer, j’ai juste fait confiance à mes neurones pour ça. D’habitude, ça se passe plutôt bien entre eux et moi, alors, je ne vois pas pourquoi j’émettrais des doutes sur leurs compétences, soudainement. Peu vous chaut, c’est vrai alors, nous allons revenir à nos poissons. Et, si vous me le permettez, je vous suggère de bien regarder la seconde photo, celle qui est sous ce paragraphe. Je vous prie d’être bien attentif et de ne pas mélanger les deux clichés que je vous présente sinon, mon explication perd beaucoup de son sens. Déjà qu’elle n’en a pas tant que ça car je dilue beaucoup… Surtout, aujourd’hui, non ?

gros maigres

Et là, qu’avez-vous donc vu ? C’est ça. Des têtes et des queues. Surtout des queues, d’ailleurs. Et là, j’ai plusieurs commentaires à faire. Le premier concerne la tête qui dépasse du bac du haut, à droite : ce n’est pas parce qu’on est un poisson mort qu’on doit montrer qu’on s’ennuie en bâillant toute bouche ouverte sans mettre une nageoire devant. Franchement, c’est très mal élevé. Le deuxième concerne toutes les queues qui dépassent sur la photo : majoritairement, ces poissons portent à gauche. Et ça, c’est un signe intéressant. Enfin, moi, je trouve. Le troisième concerne la queue qui appartient à celui qui bâille la bouche grande ouverte et là, j’ai envie de dire : grande gueule, grande queue. Pas comme chez les humains. Enfin, je voulais juste ajouter une chose. Ces gros poissons sont des maigres. Oui. Des maigres. Et ce sont même des gros maigres. Déjà rien que ça, ça porte à sourire et pourtant, c’est vrai. C’est très bon, d’ailleurs, le maigre, aussi bon que le bar mais moins cher. Et moins connu. Moi, si on me donne le choix, je choisis toujours le maigre. Mais pas trop gros, sinon, c’est trop pour moi tout seul.