D’abord, j’aimerais dire que j’aime bien débattre. Parler de choses et d’autre. Refaire le monde. Discuter tout en ne s’en laissant pas compter. Argumenter, défendre mes idées. Éventuellement, m’ouvrir à d’autres. Celles auxquelles je n’aurais jamais pensé. Ou carrément des nouvelles. Bref, j’aime bien quand on peut échanger mais à la condition que chacun puisse s’exprimer dans le respect de l’autre et que ça ne soit ni du bourrage de crâne, ni du monologue impossible à couper. Voilà, c’est ce que j’aime, c’est ce que je pense. L’autre écoute quand l’un dit.

Après, je peux aussi me fatiguer de trop parler et/ou de trop écouter ce que les autres ont à dire. Parfois, j’ai besoin de silence. Et venir tenter de communiquer avec moi, dans ces moments-là, c’est leur faire offense, à mes besoins de silence. J’aime autant être avec du monde qu’être seul. Ceci explique alors cela. Et je ne sais pas toujours très bien montrer que je n’ai pas envie de parler ni d’écouter. C’est toujours un peu délicat. Ne pas faire de peine à l’autre. À certains autres, seulement. Sinon, je n’hésite pas lui dire : si tu savais comme de t’écouter, j’en ai marre, dis.

J’ai du mal à comprendre celles et ceux qui passent leur temps à taper leurs proches. Quand je dis « taper », c’est uniquement dans le sens d’emprunter de l’argent. Dans celui de frapper, c’est un autre sujet et pas celui du jour. Alors, on l’oubliera pour aujourd’hui. Je reviens à ceux qui sont toujours en train de demander si on ne peut pas leur avancer 10, 50 voire 100 euros. Parce qu’ils ont des fins de mois difficiles et qu’ils pensent que l’autre, ce serait leur mère nourricière à billets ou à monnaie. Eh bien il faut leur dire : non, je ne suis pas la mère crédit !

Oui, peut-être que tu as raison. Il est possible que je me sois trompé. Tu sais, je ne suis pas du genre à être de mauvaise foi. Sauf dans ces cas très particuliers. Quand j’ai envie d’embêter quelqu’un. Mais là, il faut le prendre comme de la provocation humoristique. Rien de plus. Et rien de moins. C’est juste comme ça. Parce que parfois, ça peut faire tomber certaines pressions, si on arrive à faire sourire, voire à faire rire, quelqu’un avec qui on n’est pas d’accord. C’est juste une question de tactique. Faire tomber la pression. En tout cas, c’est ça que moi, je dis

J’avais pas mal de choses dont je voulais me débarrasser, quand j’ai déménagé, il va y avoir deux ans bientôt. Et entre ce que j’ai donné, ce que j’ai vendu et ce que j’ai échangé (contre des bons d’achats dont je ne me suis pas servi), je me demande si ce n’est pas surtout l’échange qui a le mieux marché. Ce que j’ai donné, ça serait en deuxième position. Et ce que j’ai vendu, en dernière. Parce que c’est toujours difficile de monnayer des choses qui font partie de nos souvenirs. Et je me souviens m’être fait la remarque suivante : c’est tout ce que tu as pu vendre, dis ?

Il y a quand même des jours où je suis un peu chiant. Peut-être beaucoup, ce n’est pas moi qui suis le meilleur juge de l’image que je peux renvoyer. Je crois être assez honnête envers moi-même mais il n’est pas impossible que parfois, on se trompe. Il n’empêche que quand j’ai envie de m’obstiner, de tenir tête à quelqu’un, j’aime bien avoir le dernier mot. Quitte à le souler en répétant toujours la même chose après qu’il m’ait parlé. Je suis assez tête de cochon, même. Capable de répéter à l’envi et jusqu’à saturation de l’autre : je dis ça si ça me dit.

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas (toujours.) C’est pour ça qu’il faut toujours rester vigilant. Parce qu’on a vite fait de vouloir vous faire croire que vous avez dit quelque chose qu’en réalité vous n’avez pas dit. Que vous n’avez jamais dit. Par exemple, si on me rétorque : « si, tu as parlé de manche ! » Moi, je m’apprête à réagir illico presto mais je prends quand même un petit temps pour une micro-réflexion avant d’être sûr et certain de moi. Ce qui arrive quasiment à chaque fois. Et là, j’assène le coup de grâce : non, je n’ai jamais dit « manche ! »