Entendons-nous bien afin que les choses soient bien claires : je ne suis pas un forcené des calculs, loin de là. Non, pardon, je ne suis pas un forcené que de certains calculs ni quelqu’un qui aime particulièrement les routines dans ce qu’elles ont de plus absolu. Il n’empêche que pour certaines choses du quotidien, j’aime bien que les choses soient un peu, beaucoup, passionnément toujours les mêmes. Et pour le café du matin, la règle est la suivante : du mardi au vendredi, je prépare la cafetière pour trois tasses car je n’en bois jamais avant de partir travailler. C’est trop tôt, 3h (environ) de la nuit, pour me faire quoique ce soit en cuisine. Le samedi matin, comme je rentre plus tôt que les autres jours, je prépare l’équivalent de 6 tasses, soit le double de ce que le président boit à lui tout seul. Et les dimanche et lundi, j’en prépare 8 car là, j’en bois au moins deux grands bols au lever et un peu après et ensuite, je peux en siroter, bien dilué, après le déjeuner. Ce qui signifie que dans une semaine normale, je prépare 34 tasses.

Si on tient compte (je viens d’en faire l’expérience avec mon doseur de cuisine) que 3 tasses équivalent à 0.35 litre, que 6 tasses équivalent à 0.7 litre et que 8 tasses font à peu près 1 litre, nous faisons donc couler 4.1 litres de café filtre par semaine. Et maintenant, je vais repartir du postulat d’hier, moins 1 jour, à savoir qu’il me reste peut-être 220 jours avant d’envisager de quitter l’entreprise dans laquelle je travaille. Et si je reprends les 34 tasses et les 4.1 litres de café préparés chaque matin, en supposant que je ne prendrai pas de vacances d’ici là (ce qui est probablement faux mais, il faut savoir extrapoler), ça signifie que je partirai de là-bas dans 1068 tasses soient 128.8 litres de café. Heureusement, ce n’est pas moi qui vais tout boire, sinon, je risquerais de frôler l’hyperexcitation. Comme si j’avais besoin de ça !... Enfin bon, quelque part, ça me rassure de savoir que je peux compter sur ce genre de choses pour me servir de balises.  Et moi, les balises, j’aime bien les poser de temps en temps. Régulièrement.

Après, comme je suis assez fou pour imaginer d’autres calculs qui vont évidemment m’encombrer l’esprit (que voulez-vous, c’est comme ça que je fonctionne, on ne va pas me changer à mon âge, si ?), je peux aborder le cas du sucre. Comme je n’en prends pas avec le café et que le président n’en prend plus depuis quelques années, autant vous dire que notre consommation en petits carrés est quasiment nulle pour ne pas dire proche de zéro (quel art du remplissage !) J’ai même envie d’avouer que c’est zéro pointé. Donc, je partirai de mon travail dans zéro sucre. Et outre le fait que ça me fait une belle jambe de m’alléger en glucose, ça ne me donne aucun repère pour mon tirage de révérence. On élimine donc le sucre de mes savants calculs et je vais bien trouver autre chose qui pourra me servir d’étalon. Ah oui, c’est bien ça. Quelque chose qui me servira d’étalon. Il ne me reste plus qu’à définir quoi. Et surtout, que ça soit original. Sinon, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Laissez-moi réfléchir et je reviens. Il reste du café ? Non, bien sûr…